samedi 1 mai 2010

Esperando a Godot - Trait d'Union

De Samuel Beckett. Mis en scène par Berta Goldenberg et issu du travail de l’atelier de recherche théâtral du théâtre Anfitrión.

Une des œuvres majeures du répertoire théâtral français et européen actuellement à l’affiche dans le joli théâtre Anfritrión de Buenos Aires, une occasion à ne pas manquer pour les amateurs ou passionnés du « théâtre de l’absurde » et de Beckett.



Une pièce-phare du « nouveau théâtre » français de l’après-guerre


Pièce en prose écrite en français en 1948 par le dramaturge irlandais Samuel Beckett (1906-1989), et publiée en 1952 au Editions de Minuit, elle est représentée pour la première fois au Théâtre de Babylone le 4 janvier 1952 avec une mise en scène de Roger Blin qui joue lui-même le rôle de Pozzo. Elle a fait l’objet de multiples mises en scène et analyses depuis sa création.

Pièce maîtresse de Samuel Beckett, elle relève de ce que l’on a nommé ensuite le « théâtre de l’absurde » ou « nouveau théâtre », mouvance théâtrale avant-gardiste apparue dans les années 1940 à Paris, ou plus précisément dans le Quartier Latin, autour des pièces de Samuel Beckett et Eugène Ionesco notamment ainsi que celles d’Adamov, Fernando Arrabal ou Jean Genet. Cette mouvance se nourrit du contexte particulier de l’après-guerre, soit du traumatisme et de l’interrogation angoissée sur le sens de l’humanité qui s’en suivent. Elle s’inspire d’un point de vue théorique des écrits d’Artaud et de Brecht et de « la philosophie de l’existentialisme » de Sartre et Camus. Néanmoins, son originalité vient de ce qu’elle renouvelle la dramaturgie en intégrant le questionnement sur l’absurde au cœur de la mise en scène. Dans la continuité d’Alfred Jarry et des surréalistes, ce nouveau style théâtral rejette la caractérisation psychologique des personnages, la cohérence d’une intrigue structurée et la confiance dans le langage propres au théâtre occidental traditionnel. Des personnages-pantins, des lieux vides ou vagues, des temporalités cycliques, absentes ou distordues, des discours et des dialogues sans logique ou incohérents, un comique de répétition, de mime ou de jeux sur les mots sont les traits caractéristiques de ce type de théâtre qui, sous le comique apparent de la mise en scène, pose des questions essentielles sur la condition humaine.


« Synopsis »

Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, attendent un dénommé Godot (jeu sur le mot anglais god ou Dieu) qui ne viendra jamais. Dans l’attente, les deux compères cherchent à s’occuper en s’engageant dans des dialogues absurdes, aucun n’écoutant jamais vraiment l’autre. Ils voudraient se séparer mais n’y parviennent pas. Vladimir passe son temps à oublier et Estragon à rappeler. A la place de Godot, passe un duo saugrenu et inquiétant composé d’un maître, Pozzo, et de son esclave tenu en laisse, Lucky. Pozzo se met en spectacle et se sert de son esclave pour divertir les deux compères désœuvrés. Une scène fameuse est celle où Pozzo ordonne à Lucky de penser. Celui-ci s’engage alors dans un monologue fragmentaire et absurde de plusieurs pages jusqu’à ce que les autres personnages exaspérés le forcent à se taire.
La pièce est construite en deux actes, le deuxième étant une variation de la première. Pozzo, devenu aveugle revient sur scène toujours suivi de Lucky, devenu muet. Chaque acte se termine avec le coucher du soleil et la venue d’un messager annonçant que Godot ne viendra pas ce soir mais le lendemain. Le messager ne se rappelle jamais être venu la veille.


La mise en scène

Le décor simple et habituel d’un plateau vide seulement occupé par un arbuste dénudé est maintenu. Peu d’effets techniques sont utilisés, mise à part la lune qui descend et la lumière qui baisse pour indiquer la tomber de la nuit. Les personnages sont vêtus à la Chaplin et ont une allure de pantins. L’originalité et l’effet de surprise de la mise en scène viennent du changement régulier entre quatre acteurs (dont deux femmes) pour les deux mêmes personnages de Vladimir et Estragon, une manière de renforcer la déconstruction psychologique des personnages et d’insister sur le caractère universel de leur enfermement.

Finalement, une mise en scène argentine à partir d’une version traduite en espagnol qui respecte l’esprit et la lettre du texte (à part quelques petites adaptations telles que l’apparition de « boludo »…). Une jeune troupe de comédiens de talents dirigée par une metteuse en scène dont la réputation n’est plus à faire.


Berta Goldenberg

« Comenzó con una simple propuesta: un grupo de alumnos-actores investiga cuales preguntas lo desvelan, lo apasionan y lo motivan a elegir y trabajar un texto teatral, como actores, como artistas, como humanos.
Fue así, tras búsquedas, tanteos, lecturas, ensayos, que “Esperando a Godot” fue descubierta una vez más.
Una vez mas deslumbro, despertó, asombro, interrogo, hablo de nosotros.
Una vez mas esta obra estrenada en Paris en 1953, representada, estudiada, interpretada innumerables veces en innumerables países, fue objeto de conmoción y de revelación incesante.
Buscar el sutil y exquisito equilibrio entre humor y desesperación; lanzarse al juego huyendo de la frivolidad, desprenderse de teorías y escuchar solo al poeta, a sus exactas palabras, a sus silencios…hoy percibimos que esta aventura corrida con total entrega (e interrumpida solo porque alguna vez hay que interrumpir) nos ha recompensado largamente con goces, angustias y alegrías, paradójicos -y creo- muy becketteanos. »
Berta Goldenberg

Berta Goldenberg est issue d’une longue et intense trajectoire dans l’activité théâtrale comme actrice, professeur et metteuse en scène. Elle a commencé comme étudiante avant d’intégrer la troupe régulière du Théâtre IFT. Durant cette période, elle travaille avec la directrice artistique Jaime Kogan et joue dans les productions telles que Historia tendenciosa de la clase media argentina, de Ricardo Monti, Los días de la Comuna de Bertolt Brecht et El señor Galíndez de Eduardo Pavlovsky. La troupe est invitée à représenter ce dernier spectacle au Festival de Nancy. S’en suit une tournée en France et en Italie. L’œuvre est ensuite jouée en même tant que le spectacle pour enfants “Rajemos, Marqués, rajemos”, de Jorge Goldenberg- dans le cadre d’une tournée en Amérique Latine qui se termine au Festival international de théâtre de Caracas.
Berta demeure deux ans au Venezuela, années aux cours desquelles elle exerce comme professeur dans l’atelier d’expression artistique de l’Athénée de Caracas.

A son retour en Argentine, elle poursuit son activité de professeur dans divers établissements éducatifs. En 1990, elle fonde l’école de théâtre de Luisina Brando et Berta Goldenberg. A partir du travail de recherche et d’expérimentation théâtrales qu’elle mène avec son groupe d’élèves et anciens élèves de son école naît le projet de mettre en scène Le Roi se meurt de Eugène Ionesco qui sort en 1998 au Théâtre Payró. Ce spectacle fut nommé « meilleur spectacle off » de la saison par la Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE).

En août 2000, elle inaugure, conjointement avec un groupe de comédiens, metteurs et scène et écrivains, le théâtre Anfitrión, dont elle est aujourd’hui la directrice générale. Depuis, le théâtre Anfitrión n’a cessé de croître et est devenu un lieu intense de l’activité artistique et culturelle. C’est dans le cadre de ce théâtre qu’elle fonde et dirige ensuite une école de théâtre et met en scène Ondine de Jean Giraudoux, Fin de Partie de Samuel Becket et Fotos de Infancias de Jorge Goldenberg. Elle mène simultanément un travail intense de recherche à travers des ateliers d’expérimentation, dont sont sortis Acerca de Hamlet et En attendant Godot.



Fiche technique

Auteur : Samuel Beckett
Comédiens : Carla Canosa, Jorge Drechsler, Matías Panelo, Lucía Pratolongo, Desirée Salgueiro, Guillermina Schauman, Arturo Silva
Mise en scène Berta Goldenberg

Informations pratiques
Théâtre Anfitrion, Venezuela 3340- Capital Federal - Buenos Aires
Réservations par téléphone: 4931-2124 // 1530046545
Web: http://www.anfitrionteatro.com.ar
Entrée: $ 30,00 - samedi - 21:00 hs – Jusqu’au 08/05/2010

http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20465

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