mercredi 26 janvier 2011

Hola hola hola hola hola hola !!!!!!!!!!

Pendant que l'eau de mon maté chauffe (pour la deuxième fois après l'avoir déjà laissé bouillir une fois ce qui est normalement proscrit si on veut faire un bon maté...), j'en profite pour vous envoyer un petit message d'arrivée! ah mince loupé, elle a encore bouilli... bref...

Oui dc très bien arrivée! La compagnie brésilienne Tam qui m'a emmené, nikel chrome, avec les petits écrans de télé, pas trop d'alcool en revanche...à l'heure, petit passage de trois heures par Sao Paulo, au final j'ai bien aimé la transition brésilienne.
A l'arrivée, il pleuvait à cordes comme ca arrive souvent à Bs As notamment en été. Du coup on est resté un peu ds l'avion le tps qu'Ezeiza (l'aéroport) nous cherche un mini bus parce que bien sûr l'organisation c'est pas le fort de l'Argentine. Après autre pb à l'immigration, auquel j'avais vraiment pas pensé... c'est qu'il y avait pénurie du petit papier à remplir et à remettre, parce que à part ca bien sûr on entre en Argentine comme dans un moulin. J'ai failli me mettre à pleurer tellement j'étais pressée de passer de l'autre côté et que je voyais des gens arriver avec les petits papiers sans comprendre où ils les avaient trouvé....

Bref, je finis par en trouver un et enfin entrée officielle sur le sol argentin (ahhh!!!!) autorisée par une jeune femme qui sur le coup veut me parler en anglais avant de s'apercevoir que j'ai quarante tampons d'entrée en Argentine sur mon passeport et donc continue à me parler en espagnol...et me souhaite la bienvenue. Bah oui qd mm!!!
Encore un peu de temps perdu le temps de me rendre compte que j'étais en train d'attendre les bagages qui venaient de Miami et non de Sao Paulo (y'avait que deux tapis, bien sûr y'a fallu que je choisisse le mauvais)

Et enfin le grand moment attendu, j'enfonce de travers les portes d'arrivée avec mon charriot recouvert de bagages. Petit moment de stress, à tourner la tête dans tous les sens, et soudain j'aperçois une tête familière, Hernan...!!! Et voilà, énorme joie bien sûr des retrouvailles, qui ne descend toujours pas depuis une semaine aujourd'hui que je suis arrivée!

Retour à la casa Tacuari que je retrouve toute calme car beaucoup des colocs sont partis en vacances. Restent Santiago l'équatorien, el Pelado (Martín) qui a emménagé peu après mon départ et passe ses matinées à jouer du piano ou de l'accordéon, l'autre Martín et un nouveau avec qui j'ai peu parlé. Emiliano est revenu hier d'un voyage au nord du Chili où il a rendu visite à Lufi, le coloc chilien rentré en vacances chez sa famille.

Retrouvailles avec un Buenos Aires transformée en étuve. Les rues familières, toutes défoncées de San Telmo, poubelles éventrées et sacs poubelles se baladant, les graffitis, les vieux immeubles coloniaux délabrés et leurs balcons incurvés..., les familles ou les jeunes arrêtés à discuter sur les paliers, les commerces de quartier tenus par les chinois et les boliviens, les beaux quartiers chics ombragés du Nord au style haussmannien entourés de leurs énormes parcs, le centre chaotique à la circulation infernale presque insupportable entre midi et deux...
Petite balade le jeudi une fois le soleil revenu du côté d'un grand lac au nord de la ville. N-ème tentative manquée pour aller au Planétarium fermé jusqu'au lendemain du jour où on passe...

Sortie le soir au fameux centre culturel du quartier d'Abasto (de Gardel et du grand marché cf article du blog...), le Konex. Le Konex est connu pendant les belles saisons pour ses fameux lundi soir de percussions en plein air qui attire tous les touristes de passage et vaut effectivement le coup. Mais pendant l'été, il y a des trucs presque tous les soirs, entre autres le jeudi c'est Dancing Moon un groupe de peut être douze musiciens qui viennent faire des reprises. Vraiment chouette. Je mettrai des images plus tard. Là-bas, on retire ses tickets pour aller prendre son verre d'un litre de bière (ou de fernet-coca) qu'on fait tourner et on profite de l'air rafraîchi du soir en regardant le ciel, l'espèce d'araignée géante de fils électriques ou je ne sais quoi déposée en haut d'un des quatre murs très hauts qui encadrent la grande cour, ou encore la façade de petites vitres carrées colorées sur laquelle descendent en escalier dans un rouge éclatant les cinq lettres du KONEX.


Le week-end, camping sur une île du Tigre. Tigre est une province au Nord du Grand Buenos Aires qui s'étend sur le delta du fleuve du Paraná. L'endroit parfait pour venir durant l'été ou le printemps. La ville est donc traversée par plusieurs bras d'eau et en prenant un bateau il est possible d'aller se balader entre les îles et de s'arrêter sur une d'entre elles pour monter sa tente ou louer une cabane... Par certains aspects, Tire ressemble à un marécage. La couleur de l'eau tire vers le marron et la végétation y est abondante,au point qu'on ne distingue pas bien la démarcation entre les îles. Sur l'eau s'avancent des petits pontons plus ou moins en bon état où viennent s'arrêter les bateaux pour y déposer leurs passagers, beaucoup de carcasses de bateaux échouées et rouillées donnent une note un peu spéciale au lieu.
L'île où était notre camping était de petite taille et sympathique. Il y avait un monde fou partout, notamment sur les petites bouts de plage aménagés. Parties de truco, matés, détente...

Le reste du temps, j'ai commencé à me mettre à chercher un appart. Il fait une chaleur si étouffante qu'il est difficile de garder longtemps les pieds dehors de toute façon. Après avoir posté une annonce sur le site de Comparto del depto que j'avais utilisé l'année dernière et par lequel j'avais trouvé la casa Tacuari, je me suis retrouvée inondée de mails... en même temps je cherchais un appart toute seule. En fait c'est super chaud de louer un appart seule sans garantie, sans papier... En revanche, il est possible d'acheter des fausses garanties (qui coûtent par exemple 1000 dollars) procurées par des entreprises spécialement dédiées à cela..., encore une fois en Argentine, on sait être inventif et on trouve des solutions à tout...mais bon bof bof.... Sinon, il y a les locations temporaires sans garantie à donner (style les apparts de vacances) mais qui de fait coûtent bien plus chères avec des prix bien sûr toujours délivrés en dollars...
Bon, en fait, la nouvelle idée, c'est qu'on prenne un appart à deux avec Hernan, où j'emménagerai seule dans un premier temps et où il me rejoindra en novembre une fois le bail de Tacuari arrivé à échéance. On a trouvé un appart génial qu'on a visité hier mais il faut une garantie de la capitale fédérale (ie procurée par quelqu'un ayant une propriété dans la capitale, celles dans la province ne marchant pas) donc il est en train de chercher...

J'essaie de me remettre à bosser doucement pour mon mémoire en attendant d'être bien installée quelque part parce que ca peut prendre du temps si on reste sur cette idée de l'appart à deux. Je rentre les données des sondages que j'avais fait auprès des participants des groupes de théâtre communautaire.

La clope, c'est medio medio...j'ai pas fumé pendant plusieurs jours après mon arrivée et là j'ai repris quelques clopes par jour en fin de journée...

Par rapport à l'espagnol, j'ai l'impression d'avoir fait un énorme bond en avant et d'avoir un meilleur accent, ce qui est très agréable et me donne le secret espoir qu'un jour il n'y ait plus écrit "touriste" sur mon front...

Bon, là j'ai vraiment écrit un roman donc je vais vous laisser respirer un peu...
Donnez moi des news!!!!
Je vous embrasse fort

vendredi 17 septembre 2010

« Los lápices siguen escribiendo » (les stylos continuent à écrire)




Hier, jeudi 16 septembre 2010 à partir de 18h00, le centre de Buenos Aires a rugi. Il a rugi des cris et des roulements de tambours lancés par près de 30 000 étudiants, professeurs et militants divers venus de la capitale, de la province de Buenos Aires et de l’intérieur du pays. Partant de la Plaza del Congreso (le Parlement), la foule s’est emparée de l’Avenida de Mayo et a marché jusqu’à la Plaza de Mayo où l’attendait une Casa Rosada illuminée en rose (Palais gouvernemental) qui semblait flamboyer. Au long du parcours, la foule survoltée brandissait banderoles, drapeaux, écriteaux et stylos géants.



Ce 16 septembre était en effet le jour de la commémoration des 34 ans de La Noche de los Lápices (la nuit des stylos). Ainsi a été nommée la série de séquestrations de dix étudiants du secondaire survenues à la Plata (ville proche de la capitale fédérale) le 16 septembre 1976 et les jours suivants. Les adolescents furent emprisonnés et torturés, six disparurent tandis que quatre ont survécu. L’épisode constitue un des exemples les plus forts de la sauvage répression qui fut menée durant la dictature militaire argentine. L’affaire fut portée à la connaissance publique en 1985 après le témoigne d’un des survivants (Pablo Díaz) lors du procès des juntes. Elle a donné lieu à un film « La Noche de los lápices » en 1986. La majorité des victimes étaient des militants ou ex-militants de l'Union des Etudiants du Secondaire. En 1975, l’UES et d’autres groupements avaient réclamé au Ministère des travaux publics l’attribution d’un billet de bus avec une réduction pour les étudiants du secondaire.

Une date symbolique qui intervient en pleine lutte étudiante et professorale contre le gouvernement de la capitale (Macri) et du pays (Christina Kirchner). Depuis plusieurs semaines, se succèdent en effet prises de lycées et d’universités de Buenos Aires. Près de 30 lycées sont actuellement occupés. L’événement déclencheur a été l’effondrement du plafond des toilettes d’un des lycées. Il s’agit ainsi littéralement de lutter contre « los techos que se están cayendo » en réclamant l’augmentation du budget dédié à l’éducation publique afin de réhabiliter les édifices et payer les professeurs (qui ne sont pas rémunérés et dispensent leurs cours à titre honorifique). Le mouvement s’est structuré, organisé et a rapidement pris une ampleur qui surprend les initiateurs eux-mêmes.

La colère des mobilisés est alimentée par l’attitude du Gobierno de la Ciudad (municipal) dirigé par Mauricio Macri qui, au lieu de prêter attention aux demandes des étudiants et des professeurs, tente de stigmatiser, diviser et réprimer le mouvement. Déjà traité de « facho » et de « conservateur » en raison de sa politique sécuritaire et de ses opérations de merchandising de la culture, Macri est plus impopulaire que jamais auprès des jeunes qui réclament son départ (on pouvait lire entre autres « Andate Macri » sur les murs bombardés de graffitis). Pour sa part, la présidente de la nation Cristina Kirchner conserve le silence pour laisser les attaques retombées sur son maire avec lequel elle entretient un bras de fer politique féroce (Macri compte se présenter aux prochaines élections présidentielles). Une posture qui ne trompe pas les étudiants et militants puisque, si le budget des secondaires de Buenos Aires dépend de la municipalité, celui des universités dépend quant à lui du gouvernement national.

« Los lápices siguen escribiendo » ont clamé les jeunes étudiants et militants qui ont pris la parole sur la Plaza de Mayo. Les revendications des « compañeros » de 1976 ont été reprises par les étudiants d’aujourd’hui : la lutte pour le droit à l’éducation demeure la même et continue. Ces étudiants prisent l’éducation pour ce qu’elle doit être : émancipatrice. Les discours proférés hier sur la Place m’ont fait trembler. Sur la base de la lutte pour l’éducation, c’était toute une nouvelle génération consciente d’elle-même et de sa force qui s’exprimait (et qui s’exprimait tellement bien !). Une génération jeune mais à la mémoire vive, une génération réclamant les stylos avec lesquels elle compte bien écrire l’histoire de son pays.

En bon technocrates, Macri, et les médias (qui lui sont en grande part favorables) ont osé reprocher aux étudiants « la politisation » de leur lutte et de leur mouvement. « Bien sûr que notre lutte est politique et bien heureusement qu’elle l’est» se sont empressés de préciser les jeunes qui se sont exprimés ! Clairement, les discours penchaient bien à gauche. Si la cible des critiques était Macri, la politique de Cristina Kirchner n’était pas épargnée, loin de là. Par exemple, le leitmotiv de l’assujettissement aux intérêts étrangers reflété dans le paiement de la dette extérieure et dans l’implantation d’entreprises étrangères sur le territoire argentin.

Un coup d’œil sur les journaux du lendemain ? Dans Clarín et La Nación, deux des principaux quotidiens alliés à Macri : la déploration du climat de haine et de violence de la mobilisation, la dégradation des murs de la ville… Página 12, le journal favorable au gouvernement national : tout contre Macri, rien sur les critiques de Cristina… Aux « noticias » de la nuit à la télé, quelques minutes bâclées sur la manifestation pour enchaîner sur l’arrivée du iPad en Argentine présentée par une jeune blonde au décolleté plongeant… La lutte des étudiants en Argentine a encore du chemin à parcourir avant d’obtenir l’attention de tout le pays et de pouvoir expliquer son message…. certainement.



Néanmoins, tout simplement, hier, les jeunes mobilisés n’ont pas eu peur d’affirmer leur ambition de construire une société, un monde plus juste. Faudrait-il déplorer cette ambition parce qu’elle serait démesurée ? En ne craignant pas d’être taxée d’idéalisme, la jeunesse argentine avance. Elle n’a pas le temps de penser à l’échec, elle lutte pour une autre vision du monde qu’elle se forge au quotidien.

Et moi, française déçue de son pays, je respirais de tous mes poumons cet élan d’espoir et de mobilisation. Il me semblait voir la Casa Rosada trembler avec le microphone. J’ai repensé aux mobilisations contre le CPE et la LRU, au discrédit et à l’isolement dont on a frappé les jeunes, aux divisions entre les mouvements étudiants et syndicaux, au passéisme de beaucoup de professeurs et à l’échec final de la lutte qui a déçu une bonne part de notre génération, une génération aujourd’hui déshéritée et désœuvrée qui donne aujourd’hui tous les signes de malaise et que personne n’écoute hélas… Ce que j’entends de la France à l’étranger, c’est des successions d’affaires (Weil, Bétancourt…), l’expulsion des Roms, la réforme de la retraite, du remboursement des soins de santé… Et pourtant, nous les jeunes, il faudra bien qu’on reprenne la parole, un jour. Hors de l’impasse triste et maussade que nous propose la gérontocratie qui nous gouverne, il faudra nous aussi qu’on prenne nos stylos et qu’on pense au monde à reconstruire.

dimanche 15 août 2010

Comment passer la frontière bolivienne en trois heures....

Hey! Bon, tant pis pour le respect de la chronologie, je suis trop à la bourre, j écrirai ce qui me chante quand je pourrai...

Là j'ai envie de parler de mon passage matinal de la frontière peru-bolivienne. Un bordel! Bon, déjà je prévois d'écrire un truc sur les complications et arnaques qui attendent le touriste à chaque coin de rue du Pérou...

De retour à Cuzco de notre périple de trois jours pour nous rendre jusqu'au Machu Picchu, on prend la direction du terminal de bus. Aux revoirs un peu difficiles avec le couple et la jeune fille qui tenaient l'auberge où on était et qui ont fait partie des péruviens les plus sympas qu'on a rencontrés.

Pour se rendre en Bolivie en venant de Cuzco, il y a à peu près deux options: prendre un bus Perúrail jusqu'à Puno, la ville péruvienne du lac titicaca la plus proche de la frontière, y arriver sur les coups de 4h du mat et attendre deux heures un autre bus jusqu'à Copacabana ou la Paz, on profite alors des bus inclinables et larges de la compagnie mais pour une nuit coupée; 2ème option, prendre un bus Littoral qui va direct à Copacabana mais avec un confort restreint.

On choisit la deuxième option. En fait, une fois au terminal et l'heure de départ approchant, on ne voit toujours pas de bus Litoral affichant Copacabana comme destination. Ah, en revanche un bus Litoral en direction de la Paz vient de se garer! Etrange! Ah bah non, on nous explique que le bus ne sera pas direct, qu'au moment de la desvía, ceux qui vont à Copacabana seront mis dans un minibus. Ne vous inquiétez pas, "no pagaran un centavo!" "Ah, gracias". Soit-disant parce que le bus de Copacabana n`était pas arrivé. Moi, je suspecte que c'était pour faire du remplissage car on était peu à aller à Copacabana...

Bref bref... Il s'avère que le bus Litoral est confortable, à part qu'il n'y a pas de toilettes (pour plus de 7h de trajet). De toute manière, j'ai fini par prendre l'habitude de dormir partout et on est toujours crevée passées les 21h... On a meme le droit à une couverture ce qui n'arrive pas souvent! On est ensuite effectivement transvasé dans un minibus vers les 6h du mat je crois.

J'essaie d'entrouvrir les yeux pour regarder un peu le paysage: l'azul incroyable du lac Titicaca au loin, les monts et montagnes sèches environnantes que le soleil levant commence à éclairer, quelques baraques, chiens et paysans matinaux, des déchets sur le bord de la route (comme d'habitude)...

A l'approche de la frontière, on apercoit une file immense de voitures, des gens sortis prendre l'air au milieu des pouces pouces, moto-taxis qui défilent à contre-sens. L'animation et l'effervescence soudaine me sortent un peu de ma léthargie.

On nous fait descendre. Au passage on perd un peu le groupe lorsqu'Annelise remet son sac de couchage dans son sac. On les retrouve dans le poste de la migration.

Et là... j'avaie envie de m'arracher la tete. Qu'ai-je fait de ce fameux petit bout de papier blanc qu'ils m'ont donné (sans rien dire bien sur) quand l'avion attérissait à Lima? Ce papier d'entrée qu'il faut absolument remettre lorsque l'on quitte le territoire sous peine d'une multa (amende)? Je le savais, mais mon sac est plein à rabord... Je cherche en pestant pendant que le groupe attend... Fausse joie, le gars me redonne le meme papier blanc que je remplis en pensant que tout était vite résolu finalement. Il m'envoie le faire tamponner à un autre poste. Je reviens, il me donne un papier vert et je dois retourner à l'autre poste. Là la femme comprend que je n'entre pas sur le territoire mais que je sors et m'exige à nouveau le papier originel... Je me remets à chercher... J'ai honte de faire attendre tout le monde...

Je renonce et vais la voir. Ok, une amende de 5 dollars c'est pas grave. Mais en fait, pour payer, on m'apprend que je dois aller au Banco de la Nación au pueblo d'á coté. Au passage, le jeune garcon responsable du minibus m'apprend que le groupe ne peut plus m'attendre et qu'ils reviendront nous prendre Annelise et moi après. Une seconde femme que je n'avais pas encore vu me fourre dans un moto-carosse-taxi en me disant qu'elle m'attendra au meme endroit à mon retour. Elle blablate avec le chauffeur et voilà que je me retrouve à dévaler dans l'autre sens la rue au milieu et sur les cotés de la file de voitures.

Le pueblito n'est pas si près que ca. Arrivée devant la banque, je constate qu'elle est toujours fermée. Il est 8h, le chauffeur me dit qu'elle ouvre à 8h30 et qu'il ne peut pas m'attendre... Bon... je me retrouve à faire la queue avec les villageois. Je m'occupe en regardant l'animation matinale de la place municipale: déambulation des petites femmes en tenue traditionnelle (grande jupes superposés, colants de laine épais, tresses et chapeux ronds) arrivant en pouce-pouce et des hommes en noir à chapeaux de feutre, installation d'une petite estrade et test du son ("hola, hola! cuantro, cinco, si hola"), passage des policiers devant la banque discutant d'un air sérieux sur leur portable moderne...La file d'attente grandit peu à peu. A 8h30 entre le personnel de la banque... J'ai beau plaquer ma figure contre la vitre pour bien montrer que des gens attendent, ils ouvrent finalement à 9h. En deux minutes, je paye, en nuevos soles, la fameuse multa ridicule qui a causé tout ce périple et je pars à la recherche d'un nouveau taxi-moto pour retourner aux migracions...

Bien sur, à mon retour, plus personne ne m'attendait bien sur à part Annelise, la pauvre, qui était restée plantée sur un parapet avec nos deux gros sacs et que je retrouve en train de lire le Lonely Planet. De toute manière, on voit qu'il y a pleins de colectivos pour rejoindre Copacabana.

Quelle organisation! Passé du coté bolivien, on tombe sur un type ultra sympa qui nous remet un papier vert, qu'attention, il ne faudra pas perdre! "Si, si, lo entendí muy bien eso!"

lundi 9 août 2010

Journée á Lima

Nuit plus ou moins reposante. C'est toujours le même problème avec les dortoirs, tout le monde a des heures de lever et de coucher différentes.



Notre hostel était situé dans le quartier excentré de Barranco, que le guide du routard décrit comme le quartier le plus charmant et bohême de Lima.



On avait trop entendu que Lima était une ville sans grand intérêt et de plus dangereuse donc on a préféré aller dans ce quartier. De fait, on gardera une bonne image de Lima, de ce quartier du moins car on n'a même pas mis les pieds dans le centre... Le quartier est petit et tranquille, au bord de la plage. Il est traversé par deux grandes avenues principales oú s'alignent commerces, banques et bars pour la nuit. On se rend dans une agence qui nous apprend qu'on ne peut pas partir á Cuzco le soir même comme on le désirait ni le lendemain car du fait de la fete nationale qui a eu lieu juste avant notre arrivee fin juillet, il n'y a plus de place dans les bus.
Bon, on ira à Arequipa alors...

Ceci réglé, on commence à se balader. Au déjeuner, on goute le fameux ceviche, un plat à base de poisson crus, de fruits de mers accommodé avec beaucoup d'oignons et de citron. Émerveillées au début par cette fraicheur gustative, on finit par être un peu écœurées... surtout après qu'Annelise se soit enflammée la bouche pendant un quart d'heure à cause d'un piment pris pour un poivron...On nous a appris ensuite que les péruviens faisaient exprès de le mettre dans les assiettes des touristes...



Balade dans un marché artisanal un peu classe ou il y avait de très jolis vêtements un peu du même style que ceux qu' on trouve en Uruguay. Il est 4h de l aprem? Ouais, bon, le petit stand de cocktails donne envie... C est l'occasion pour Annelise de découvrir le pisco sour, un cocktail que je croyais chilien parce que mon coloc chilien l'avait déja préparé. C'est a base de pisco, un alcool qu'apparemment donc on trouve à la fois au Chili et au Pérou, mélangé avec du blanc d'oeuf, du citron et du sucre, je crois... Ca donne un cocktail frais et mousseux, délicieux quand il est bien préparé. On poursuit avec un maracuya sour, histoire de profiter des fruits locaux...



Lima est connue pour son fug permanent, a cause de la rencontre des masses d air chaude et d air froid de la mer et de la montagne, je crois... Cette espèce de brume donne l'impression que la ville est sous un couvercle, rapetissée par un ciel blanc permanent. Il y a beau avoir de la verdure dans les rues etc... l'atmosphère est un peu oppressante.

Dîner dans une sorte de marché sur la place principale de Barranco. Le Pérou est connu pour offrir une des gastronomies les meilleures d'Amérique du Sud. Il y a beaucoup d'influence asiatique, comme le fameux chaufa ou sauté de riz avec de la viande, du poulet et des légumes, et beaucoup d'épices. La nourriture est donc en général plus relevée que dans les autres pays de la région, comme l'Argentine par exemple...




La nuit est tombée. On continue à se balader un peu, sur le pont des soupirs,un joli pont en bois éclairé par quelques lanternes, apparemment la croisette romantique des limasiens? euh des gens de Lima...Cet endroit m'a curieusement rappelé la Chine, notamment la ville de Leijang
avec ses ruelles pavées charmantes et ces lampions rouges. Juste avant le pont, il y avait d'ailleurs une exposition de masques grimaçants colorés qui avaient vraiment l'air chinois. Influences étrangères à creuser...

Retour à l'auberge pour prendre un bus en direction d'Arequipa aux aurores...

Départ de Buenos Aires et arrivée á Lima

Bon, il est temps de réveiller un peu ce blog. A peine en début de rémission d´une bronchite-sinusite tenace qui m'a envoyé faire un tour á l´hopital puis chez le médecin, j'ai pris l'avion le 30 juillet en direction de Lima.

Escale de plusieurs heures á Santiago de Chile dans un aéroport grand et moderne, le temps de continuer á user quelques dizaines de mouchoirs et d'entamer mon guide du routard pour commencer á me faire une idée de ce que j'avais vraiment envie de faire lá-bas á part le Macchu Picchu.

Arrivée á Lima vers 1h10 du matin aprés avoir récupéré mon sac. Et lá, petit probléme, je ne vois ni Annelise avec qui on devait se retrouver á l'aéroport, ni le chauffeur de taxi censé avoir été envoyé par l'hostel...Le guide avertit sur les faux taxis etc... Je me dirige donc vers la compagnie Green je ne sais quoi qui avait son guichet dans l'aéroport et je rentre seule á l'hotel.

Joie, Annelise était bien déja arrivée a l'hotel comme je l'imaginais. Je la retrouve couchée dans le dortoir. Calin et clope rituelle de retrouvailles et dodo!

vendredi 16 juillet 2010

Légalisation du mariage homesexuel en Argentine! Petit Journal

SOCIÉTÉ - L'Argentine dit oui au mariage gay

L'Argentine est le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel, avec le vote de jeudi matin, à l'issue d'un débat-marathon au parlement. Ce texte a provoqué – en vain – une virulente opposition de l’Eglise catholique

D’un côté comme de l’autre, tout le monde s'est mobilisé. Mardi en fin de journée, des dizaines de milliers de personnes (200.000 selon les organisateurs), facilement identifiables à leurs foulards oranges, se massaient place du Congrès, à Buenos Aires pour manifester contre le mariage gay. Parmi eux, de nombreux jeunes, brandissant des slogans enflammés sur "la création par Dieu de l’homme, la femme et la famille" et "le respect de la loi naturelle de Dieu". Depuis plusieurs jours déjà, des affiches placardées sur les murs de Buenos Aires proclamaient : "Nous voulons un papa et une maman". Un message de la même eau de l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a été lu à la tribune et ovationné. En comparaison, les manifestants "pro-gay" rassemblés au même endroit, le lendemain, jour du vote, avec ses couples enlacés (homos et hétéros confondus), ses consignes amoureuses, sa scène musicale et sa bonne humeur contagieuse, avaient des allures… d’enfants de chœur !


Vote serré
La présidente Cristina Kirchner, dont le gouvernement soutient le projet, a contre-attaqué l'Eglise, avec qui elle entretient des relations conflictuelles, jugeant que ses arguments renvoyaient à "l'Inquisition". Son gouvernement l’a finalement emporté, même si le texte –approuvé par les députés en mai dernier– a fait l’objet d’un vote serré à la Chambre haute. Les sénateurs se sont prononcés en faveur de la légalisation par 33 voix contre 27, avec trois abstentions. Dans le Code civil, les termes "mari et femme" seront désormais remplacés par l'expression "les contractants".
L'Argentine devient ainsi le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage entre personnes d'un même sexe, accordant à ces couples le droit d'adopter. Sept couples gays se sont mariés depuis décembre dernier (certaines de ces unions sont contestées devant la justice). Buenos Aires est également la première ville d’Amérique latine à avoir voté une loi d’union civile (en 2003) entre personnes du même sexe. Jusqu'à présent, en Amérique latine, seule la ville de Mexico autorisait le mariage homosexuel.

Juliette REYNAL et Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 16 juillet 2010
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/61633-societe-largentine-dit-oui-au-mariage-gay.html

jeudi 24 juin 2010

Actualité Buenos Aires»SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (2/2)

En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. "Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, Français de 34 installé à Buenos Aires depuis cinq ans, "en revanche, la vie de gay à Buenos Aires n’est pas si facile". La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, les limites du Paradis rose

Plusieurs initiatives récentes jalonnent l’histoire de la Buenos Aires gay-friendly. En 2002, la ville a défrayé la chronique en devenant la première d’Amérique latine à autoriser l’union civile entre homosexuels. La chaîne d’hôtels gay cinq étoiles Axel l’a choisie comme lieu d’implantation de son second hôtel. Du port de Buenos Aires est partie en février 2006 la croisière gay Oceana Insigna à destination de Rio de Janeiro. L’Argentine a été à l’initiative du Mondial de Football gay dont le championnat, en septembre 2007, s’est tenu à Buenos Aires. La "diva" argentine Suzana Gimenez a ensuite invité sur son plateau l’équipe argentine victorieuse. La militante transsexuelle Marcela Romera a été reconnue femme de l’année 2009 par la Chambre des députés. Et puis, si on est loin encore des foules de Sao Paulo (1,5 million de personnes), la Marcha 2009 de Buenos Aires a réuni environ 50.000 personnes. Hervé constate : "Aujourd’hui, y assistent ceux qui ne voulaient pas le faire il y a quelques années encore, pour ne pas s’afficher".

Encore fort à faire
A la télévision, enfin, l’image de la folle ou du type tordu, incarnée par exemple par Diego Ramos dans la série Gospel, a cédé la place au couple de séduisants joueurs de foot s’échangeant un beso langoureux dans la série Las Bottineras diffusée il y a quelques mois sur Telefe. Il est donc plus facile d’assumer son homosexualité au jour le jour : "On voit beaucoup plus de couples gays ou lesbiens qui se tiennent par la main, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans", observe Hervé.
Au niveau public et institutionnel, pourtant, il reste encore fort à faire. José, de l’association Nexo, engagée dans la défense des droits des homosexuels, explique qu’en dépit des progrès réalisés ces dernières années, le travail d’information au quotidien sur le VIH fait défaut : "Il n’y a pas de véritable campagne de prévention du VIH, on n’en parle pas. Le taux de contamination reste donc élevé".
En outre, le vent de liberté porteño n’a guère soufflé sur les autres provinces, traditionnellement plus conservatrices. "D’ailleurs, les blagues argentines ont souvent un rapport avec l’homosexualité", remarque Hervé. L’homosexualité est de plus en plus facile à vivre dans des villes comme Mendoza (avec l’élection du rey et de la reina gay de la Vendimia, la fête annuelle du vin), mais reste stigmatisée dans le nord du pays, comme Tucumán ou Salta. José explique : "Il faut lutter contre l’auto-censure en donnant plus de visibilité à cette question", une situation qui incite Nexo à multiplier ses cellules en province.
Enfin, on aborde peu la question des lesbiennes. Au final, un ensemble de disparités que l’image de la ville vedette du "tourisme rose" dissimule parfois.

Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 24 juin 2010

Sur ce sujet, voir l'article publié hier et notre article consacré au mariage gay, le labyrinthe judiciaire.

Infos gays sur le site de Ville de Buenos Aires : www.bue.gov.ar/especiales/?id=12
Marcha del Orgullo gay : www.marchadelorgullo.org.ar
Plan de Buenos Aires Gay : www.mapabsasgay.com.ar
Association Nexo, Av Callao 339, 5ème étage, tél.: 4374-4484

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60266-societe-buenos-aires-gay-22.html