mercredi 23 juin 2010

Actualité Buenos Aires» SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (1/2)



En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, une ville heterofriendly

Tapez "Buenos Aires gay" sur google : des milliers de pages vous donneront une idée de l’ampleur de l’offre touristique destinée à la clientèle homosexuelle internationale. Un touriste sur cinq se rendant à Buenos Aires serait homosexuel, selon l’Office du tourisme de la ville.

Sceptiques ? Consultez la section "Bue amigable" du site Web officiel du tourisme, procurez-vous La otra guía, les Circuitos cortos BSAS gay ou encore l’édition locale de Time Out. Vous y trouverez les spots gays ordonnés par rubriques (véhicules, art et déco, cours, nocturne, fitness, vestimentaire, logement, assos, tango…), au total plusieurs centaines d’adresses pour tous les goûts. "L’information circule bien, mais surtout par le bouche-à-oreille. Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, un Français de 34 ans installé à Buenos Aires depuis cinq ans.

De l’ambiance intimiste des milongas gay comme la Marshall, à l’Amerika, discothèque pourvue d’un énorme backroom, en passant par le renommé Palacio, à deux pas de l’Obélisque, les options de sorties nocturnes ne manquent pas. En s’éloignant de la capitale, ambiance plus "authentique" dans le rancho gay "Zona X" implanté à Suipacha au milieu de la Pampa et réunissant gauchos, trans, ouvriers agricoles et hommes mariés. Pour les amateurs de culture, passez donc par la Casa Brandon, près du Parque Centenario, un centre culturel gay alternatif à la programmation riche et variée. Stéphane a quant à lui tenu pendant des années un Bed and Breakfast gay à San Telmo : "Ici, on retrouve les mêmes stéréotypes que partout ailleurs – saunas, discothèques, bars, sex clubs – mais avec une dimension plus chaleureuse. A Buenos Aires, l'avantage c’est qu'on peut rencontrer des gays de toutes origines, naturels, plus masculins qu’à Paris".

Heterofriendly
Loin de la culture gay fermée renvoyant aux ghettos du passé, Buenos Aires est vécue comme avant tout heterofriendly. Il n’y a pas de quartier gay à proprement parler, comme le Marais à Paris. En outre, le cosmopolitisme de la ville se reflète dans la communauté gay. Des homosexuels originaires de tout le Mercosur viennent s’installer ici, car il est plus facile d’y trouver du travail et d’y assumer sa sexualité. De plus en plus nombreux également sont les Européens qui essaient de tirer parti d’opportunités commerciales intéressantes. "A Paris, j’avais l’impression de tourner en rond, je m’ennuyais", confie Hervé. Il n’avait prévu de rester que quelques mois à Buenos Aires, mais s’y est finalement installé : "Buenos Aires est plus dynamique et moins communautaire que Paris, et je connais beaucoup de gays qui y ont investi, soit en achetant un appartement, soit en lançant une petite entreprise".
Au quotidien, néanmoins, ce n’est pas toujours aussi facile qu’ailleurs. "Le touriste gay s’éclate, mais la vie gay n’est pas aussi structurée. Il y a moins de clubs de sports, d’associations, de moyens, et plus de discrimination", relève Hervé. Ainsi, hormis le journal engagé Queer, édité par la Fédération argentine de Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels (FALGBT) et la revue Imperio tournée vers le commerce sexuel, rien de comparable à une revue généraliste, comparable au Têtu français : Guapo, paru il y a deux ans a vite fait faillite.


Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 23 juin 2010

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60265-societe-buenos-aires-gay-12.html

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