lundi 9 août 2010

Départ de Buenos Aires et arrivée á Lima

Bon, il est temps de réveiller un peu ce blog. A peine en début de rémission d´une bronchite-sinusite tenace qui m'a envoyé faire un tour á l´hopital puis chez le médecin, j'ai pris l'avion le 30 juillet en direction de Lima.

Escale de plusieurs heures á Santiago de Chile dans un aéroport grand et moderne, le temps de continuer á user quelques dizaines de mouchoirs et d'entamer mon guide du routard pour commencer á me faire une idée de ce que j'avais vraiment envie de faire lá-bas á part le Macchu Picchu.

Arrivée á Lima vers 1h10 du matin aprés avoir récupéré mon sac. Et lá, petit probléme, je ne vois ni Annelise avec qui on devait se retrouver á l'aéroport, ni le chauffeur de taxi censé avoir été envoyé par l'hostel...Le guide avertit sur les faux taxis etc... Je me dirige donc vers la compagnie Green je ne sais quoi qui avait son guichet dans l'aéroport et je rentre seule á l'hotel.

Joie, Annelise était bien déja arrivée a l'hotel comme je l'imaginais. Je la retrouve couchée dans le dortoir. Calin et clope rituelle de retrouvailles et dodo!

vendredi 16 juillet 2010

Légalisation du mariage homesexuel en Argentine! Petit Journal

SOCIÉTÉ - L'Argentine dit oui au mariage gay

L'Argentine est le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel, avec le vote de jeudi matin, à l'issue d'un débat-marathon au parlement. Ce texte a provoqué – en vain – une virulente opposition de l’Eglise catholique

D’un côté comme de l’autre, tout le monde s'est mobilisé. Mardi en fin de journée, des dizaines de milliers de personnes (200.000 selon les organisateurs), facilement identifiables à leurs foulards oranges, se massaient place du Congrès, à Buenos Aires pour manifester contre le mariage gay. Parmi eux, de nombreux jeunes, brandissant des slogans enflammés sur "la création par Dieu de l’homme, la femme et la famille" et "le respect de la loi naturelle de Dieu". Depuis plusieurs jours déjà, des affiches placardées sur les murs de Buenos Aires proclamaient : "Nous voulons un papa et une maman". Un message de la même eau de l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a été lu à la tribune et ovationné. En comparaison, les manifestants "pro-gay" rassemblés au même endroit, le lendemain, jour du vote, avec ses couples enlacés (homos et hétéros confondus), ses consignes amoureuses, sa scène musicale et sa bonne humeur contagieuse, avaient des allures… d’enfants de chœur !


Vote serré
La présidente Cristina Kirchner, dont le gouvernement soutient le projet, a contre-attaqué l'Eglise, avec qui elle entretient des relations conflictuelles, jugeant que ses arguments renvoyaient à "l'Inquisition". Son gouvernement l’a finalement emporté, même si le texte –approuvé par les députés en mai dernier– a fait l’objet d’un vote serré à la Chambre haute. Les sénateurs se sont prononcés en faveur de la légalisation par 33 voix contre 27, avec trois abstentions. Dans le Code civil, les termes "mari et femme" seront désormais remplacés par l'expression "les contractants".
L'Argentine devient ainsi le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage entre personnes d'un même sexe, accordant à ces couples le droit d'adopter. Sept couples gays se sont mariés depuis décembre dernier (certaines de ces unions sont contestées devant la justice). Buenos Aires est également la première ville d’Amérique latine à avoir voté une loi d’union civile (en 2003) entre personnes du même sexe. Jusqu'à présent, en Amérique latine, seule la ville de Mexico autorisait le mariage homosexuel.

Juliette REYNAL et Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 16 juillet 2010
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/61633-societe-largentine-dit-oui-au-mariage-gay.html

jeudi 24 juin 2010

Actualité Buenos Aires»SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (2/2)

En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. "Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, Français de 34 installé à Buenos Aires depuis cinq ans, "en revanche, la vie de gay à Buenos Aires n’est pas si facile". La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, les limites du Paradis rose

Plusieurs initiatives récentes jalonnent l’histoire de la Buenos Aires gay-friendly. En 2002, la ville a défrayé la chronique en devenant la première d’Amérique latine à autoriser l’union civile entre homosexuels. La chaîne d’hôtels gay cinq étoiles Axel l’a choisie comme lieu d’implantation de son second hôtel. Du port de Buenos Aires est partie en février 2006 la croisière gay Oceana Insigna à destination de Rio de Janeiro. L’Argentine a été à l’initiative du Mondial de Football gay dont le championnat, en septembre 2007, s’est tenu à Buenos Aires. La "diva" argentine Suzana Gimenez a ensuite invité sur son plateau l’équipe argentine victorieuse. La militante transsexuelle Marcela Romera a été reconnue femme de l’année 2009 par la Chambre des députés. Et puis, si on est loin encore des foules de Sao Paulo (1,5 million de personnes), la Marcha 2009 de Buenos Aires a réuni environ 50.000 personnes. Hervé constate : "Aujourd’hui, y assistent ceux qui ne voulaient pas le faire il y a quelques années encore, pour ne pas s’afficher".

Encore fort à faire
A la télévision, enfin, l’image de la folle ou du type tordu, incarnée par exemple par Diego Ramos dans la série Gospel, a cédé la place au couple de séduisants joueurs de foot s’échangeant un beso langoureux dans la série Las Bottineras diffusée il y a quelques mois sur Telefe. Il est donc plus facile d’assumer son homosexualité au jour le jour : "On voit beaucoup plus de couples gays ou lesbiens qui se tiennent par la main, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans", observe Hervé.
Au niveau public et institutionnel, pourtant, il reste encore fort à faire. José, de l’association Nexo, engagée dans la défense des droits des homosexuels, explique qu’en dépit des progrès réalisés ces dernières années, le travail d’information au quotidien sur le VIH fait défaut : "Il n’y a pas de véritable campagne de prévention du VIH, on n’en parle pas. Le taux de contamination reste donc élevé".
En outre, le vent de liberté porteño n’a guère soufflé sur les autres provinces, traditionnellement plus conservatrices. "D’ailleurs, les blagues argentines ont souvent un rapport avec l’homosexualité", remarque Hervé. L’homosexualité est de plus en plus facile à vivre dans des villes comme Mendoza (avec l’élection du rey et de la reina gay de la Vendimia, la fête annuelle du vin), mais reste stigmatisée dans le nord du pays, comme Tucumán ou Salta. José explique : "Il faut lutter contre l’auto-censure en donnant plus de visibilité à cette question", une situation qui incite Nexo à multiplier ses cellules en province.
Enfin, on aborde peu la question des lesbiennes. Au final, un ensemble de disparités que l’image de la ville vedette du "tourisme rose" dissimule parfois.

Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 24 juin 2010

Sur ce sujet, voir l'article publié hier et notre article consacré au mariage gay, le labyrinthe judiciaire.

Infos gays sur le site de Ville de Buenos Aires : www.bue.gov.ar/especiales/?id=12
Marcha del Orgullo gay : www.marchadelorgullo.org.ar
Plan de Buenos Aires Gay : www.mapabsasgay.com.ar
Association Nexo, Av Callao 339, 5ème étage, tél.: 4374-4484

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60266-societe-buenos-aires-gay-22.html

mercredi 23 juin 2010

Actualité Buenos Aires» SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (1/2)



En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, une ville heterofriendly

Tapez "Buenos Aires gay" sur google : des milliers de pages vous donneront une idée de l’ampleur de l’offre touristique destinée à la clientèle homosexuelle internationale. Un touriste sur cinq se rendant à Buenos Aires serait homosexuel, selon l’Office du tourisme de la ville.

Sceptiques ? Consultez la section "Bue amigable" du site Web officiel du tourisme, procurez-vous La otra guía, les Circuitos cortos BSAS gay ou encore l’édition locale de Time Out. Vous y trouverez les spots gays ordonnés par rubriques (véhicules, art et déco, cours, nocturne, fitness, vestimentaire, logement, assos, tango…), au total plusieurs centaines d’adresses pour tous les goûts. "L’information circule bien, mais surtout par le bouche-à-oreille. Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, un Français de 34 ans installé à Buenos Aires depuis cinq ans.

De l’ambiance intimiste des milongas gay comme la Marshall, à l’Amerika, discothèque pourvue d’un énorme backroom, en passant par le renommé Palacio, à deux pas de l’Obélisque, les options de sorties nocturnes ne manquent pas. En s’éloignant de la capitale, ambiance plus "authentique" dans le rancho gay "Zona X" implanté à Suipacha au milieu de la Pampa et réunissant gauchos, trans, ouvriers agricoles et hommes mariés. Pour les amateurs de culture, passez donc par la Casa Brandon, près du Parque Centenario, un centre culturel gay alternatif à la programmation riche et variée. Stéphane a quant à lui tenu pendant des années un Bed and Breakfast gay à San Telmo : "Ici, on retrouve les mêmes stéréotypes que partout ailleurs – saunas, discothèques, bars, sex clubs – mais avec une dimension plus chaleureuse. A Buenos Aires, l'avantage c’est qu'on peut rencontrer des gays de toutes origines, naturels, plus masculins qu’à Paris".

Heterofriendly
Loin de la culture gay fermée renvoyant aux ghettos du passé, Buenos Aires est vécue comme avant tout heterofriendly. Il n’y a pas de quartier gay à proprement parler, comme le Marais à Paris. En outre, le cosmopolitisme de la ville se reflète dans la communauté gay. Des homosexuels originaires de tout le Mercosur viennent s’installer ici, car il est plus facile d’y trouver du travail et d’y assumer sa sexualité. De plus en plus nombreux également sont les Européens qui essaient de tirer parti d’opportunités commerciales intéressantes. "A Paris, j’avais l’impression de tourner en rond, je m’ennuyais", confie Hervé. Il n’avait prévu de rester que quelques mois à Buenos Aires, mais s’y est finalement installé : "Buenos Aires est plus dynamique et moins communautaire que Paris, et je connais beaucoup de gays qui y ont investi, soit en achetant un appartement, soit en lançant une petite entreprise".
Au quotidien, néanmoins, ce n’est pas toujours aussi facile qu’ailleurs. "Le touriste gay s’éclate, mais la vie gay n’est pas aussi structurée. Il y a moins de clubs de sports, d’associations, de moyens, et plus de discrimination", relève Hervé. Ainsi, hormis le journal engagé Queer, édité par la Fédération argentine de Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels (FALGBT) et la revue Imperio tournée vers le commerce sexuel, rien de comparable à une revue généraliste, comparable au Têtu français : Guapo, paru il y a deux ans a vite fait faillite.


Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 23 juin 2010

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60265-societe-buenos-aires-gay-12.html

dimanche 13 juin 2010

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne / Estaba en mi casa y esperaba que llegara la lluvia, une pièce de Jean-Luc Lagarce, traduite par Laurent Berger et mise en scène par Stella Galazzi. Au théâtre San Martín…attention jusqu´au dimanche 13 uniquement !


L’insoutenable pesanteur de l’absence

Cinq femmes attendent le fils, le frère, qui s’est enfui à la suite d’une ultime dispute avec le père. Revenu après le décès du dernier, le fils demeure absent, malade ou mort, dérobé aux regards des spectateurs. Cinq femmes de tous les âges, la plus vieille, la mère et les trois sœurs, ressassant des souvenirs pour lutter contre le sentiment de l’absence, cinq vies arrêtées à une journée, celles du départ du jeune garçon. Du souvenir du passé fragmentaire envahissant et asphyxiant le présent jusqu’à interdire tout futur, le langage va, progressivement, s’emparer de la scène. Un langage poétique s’étirant sur la répétition, la litanie, l’imploration, les murmures, s’emportant pour se briser en crises de nerfs et de larmes, distribués entre cinq voix se relayant ou s’entrechoquant pour exprimer toujours un même soupir, un même désespoir.

Pièce de fin de vie, rédigée en 1994 et traitant de l’absence et de l’attente, « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne », n’est pas étrangère à l’affection que portait Lagarce pour Beckett. Traduite en espagnole et mise en scène à Buenos Aires, la pièce, en plus de son thème universel, reçoit une résonance nouvelle, plus intimement liée à l’histoire du pays, lorsque l’on pense au drame des "desaparecidos".


Une mise en scène sobre et efficace


La pièce est portée par une performance de qualité des cinq comédiennes et une mise en scène qui a su respecter l’importance primordiale du langage en l’accompagnant d’un décor simple et mobile. Une maison occupe en longueur le centre du plateau. Ses deux murs latéraux s’ouvrent et se referment pour faire apparaître une cuisine. L’élément symbolisant la tension centrale de la pièce est figurée par un escalier au centre et au fond de la maison et menant à une chambre à l’étage. Escalier de l’élévation attendue et impossible, lien entre deux mondes demeurant irrémédiablement étanches. De la chambre, le spectateur n’apercevra jamais que la fenêtre, éclairée ou dans la pénombre, afin de suggérer ce jeu de la présence et de l’absence du jeune garçon, en fonction des divagations du discours des cinq femmes. Des éléments à droite et à gauche du plateau complètent le décor pour donner l’impression d’un jardin.
Les costumes sont simples et destinés à caractériser les cinq personnages dont on ne connaîtra jamais le nom : ceux des deux vieilles femmes travailleuses dégagent, lorsqu’elles sont à l’ouvrage, l’ambiance des tableaux de Vermeer tandis que les robes ajustées d’une des grandes sœurs et les converses et le jean de la dernière viennent rompre toute tentative de situer temporellement le drame.
Le jeu des lumières scande le passage des jours et des nuits tandis que la venue finale de la pluie signale un renversement dramatique.


Jean-Luc Lagarce (1957-1995)

Lagarce est un des hommes de théâtre français parmi les plus originaux de la scène contemporaine. Dramaturge, comédien et metteur en scène, il a rédigé vingt-cinq œuvres de théâtre, trois récits et un roman. Il a étudié la philosophie à Besançon, rédigeant dans ce cadre un mémoire de maîtrise sur « Théâtre et pouvoir en Occident », avant de se dédier entièrement au théâtre en fondant « Le théâtre de la roulotte » en hommage à Jean Vilar. Il a mis en scène Beckett, Ionesco, Labiche, Goldoni, Genet… et ses propres écrits. Son écriture et son langage théâtral, du fait de leur caractère novateur, ont fait l’objet d’une reconnaissance posthume. Actuellement, il est l’auteur le plus représenté en France après Shakespeare et Molière et a déjà été traduit dans vingt-cinq langues. Il figure au programme du baccalauréat depuis trois ans. Les pièces de Lagarce sont construites sur des intrigues minces afin d’accorder une pleine puissance au langage, à ses tensions, ses ambiguïtés, ses implicites, ses potentialités.


A ne pas rater, jusqu’au dimanche 13 juin
Comédiens : Graciela Araujo, Marta Lubos, Valentina Bassi, Paula Ituriza, Paloma Contreras
Durée : 90 minutes environ
Teatro General San Martín, Corrientes 1530 - 0-800-333-5254
Vendredi, samedi et dimanche à 20 heures. Prix de l’entrée : 45$

Lucie Elgoyhen

http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20795

vendredi 14 mai 2010

39 escalones-Trait d'Union

Le fameux metteur en scène Manuel González Gil et la troupe de comédiens argentins (Nicolás Escarpino, Laura Oliva, Diego Ramos et Fabián Gianola) dont la réputation n’est plus à faire se sont joints pour proposer une version argentine décapante d’humour et d’énergie de la comédie d’Hitchcock, Los 39 escalones. Sortie sur les écrans en 1935, et originalement basée sur le roman de John Buchan et adaptée par Patrick Barlo, mise en scène à plusieurs reprises à Brodway et à Londres où elle a rencontré un succès foudroyant, la pièce est à l’affiche du petit Théâtre Picadilly de l’avenue Corrientes depuis avril.

Synopsis

"Los 39 escalones" est une fiction trépidante qui se déroule lors de la seconde guerre mondiale. Richard Hannay, dandy désœuvré en visite à Londres, décide de se rendre à un spectacle pour tromper l’ennui. A la fin de la représentation, une dénommée Annabella Smith le supplie de l’emmener avec lui et de la cacher car elle prétend être poursuivie par des agents secrets. Une fois dans l’appartement de Richard, elle lui révèle que des informations top confidentielles et vitales pour la sécurité nationale sont sur le point de passer la frontière, mais elle est assassinée dans la même nuit. Craignant d’être accusé, Richard prend la fuite. S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques. Richard est en effet rapidement accusé du meurtre de Mlle Smith. La police et les meurtriers à ses trousses, il doit sans cesse dissimuler son identité et changer de lieu. Il lui faut retrouver les espions et faire échouer leur mission, afin de prouver son innocence. Sur sa route, il croise toutes sortes de personnages extravagants et ne manque pas de voler le cœur de diverses jeunes femmes qui l’aident à s’échapper.

Une mise en scène hilarante qui s’expose comme telle


Acteurs qui traînent les portes sur la scène, les passent et en ressortent en souriant au public, qui s’allongent par terre et agitent bras et jambes pour mimer des sables mouvants, qui secouent un morceau de tissu bleu pour manifester un fleuve, voilà quelques exemples de procédés à l’effet comique infaillible. Manuel González Gil a débordé d’inventivité et d’humour afin de proposer une mise en scène qui se manifeste pleinement comme telle. Une manipulation ingénieuse des objets du décor coordonnée à un jeu parfait de quatre comédiens qui incarnent à eux seuls plus d’une centaine de personnages au cours de la pièce. On retiendra la prestation de l´acteur Nicolás Escarpino, parfaitement à l’aise dans son rôle de dandy anglais séducteur invétéré transformé soudainement en Sherlock Homes de circonstance. Les comédiens jouent à merveille la caricature de leurs personnages et semblent à chaque instant se divertir autant que le public hilare auquel ils s’adressent. Les explosions de rire fusent en effet dans le public et s’appuient mutuellement du début à la fin de la représentation. Le tout dans l’atmosphère chaleureuse de la petite salle semi-circulaire du Teatro Picadilly dans laquelle González Gil n’hésite pas à envoyer ses acteurs courir et faire des signes à la régie.
Une pièce esprit Broadway à la sauce argentine et porteña parfaite pour colorer un soir de fin de semaine.

Informations pratiques
Teatro Picadilly, Av. Corrientes 1524, Buenos Aires. Tel: (54 11) 4373 1900
Représentations : mercredi et jeudi à 21 heures, vendredi à 21h30, samedi à 21h30 et 23h30, dimanche à 20 heures.
Prix de l’entrée : 90$

Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20565

lundi 10 mai 2010

Un livre pour enfants et un dico. Petit Journal

CULTURE – Un livre pour enfants et... un dico


Le Stand français a l’allure d’une véritable petite librairie gala : douze sections (art, BD, jeunesse, tourisme, cuisine, histoire…), 2.200 titres et plus d’une vingtaine d’éditeurs, rien de moins. On y trouve des Argentins qui n’ont jamais étudié le français, d’autres qui commencent, et quelques francophiles passionnés… Chronique d’un week-end sur le Stand français de la Feria del Libro

Fondateur et directeur de la librairie franco-argentine Las Mil y Una Hojas, Ezequiel Izcovich (lire notre portrait) est en charge de l’organisation et de la tenue du Stand français, avec le soutien du BIEF, le Bureau international de l’édition française : "L’objectif n’est pas seulement de vendre des livres durant la Feria", explique-t-il, "mais aussi de favoriser la diffusion et d’inciter les partenaires locaux à traduire certains ouvrages". Le stand ne désemplit pas. "Ici, il y a de tout. Le public est très varié", commente de son côté Mónica Freyre, déléguée pour le Cône Sud d’Unipresse et de Bayard, présente durant l’événement : "La Feria del Libro est un véritable paseo cultural". A défaut d’acheter des livres (avec, parfois, d’alléchantes réductions), les plus démunis ramènent chez eux une considérable collection de brochures et catalogues.

Les nouveaux lecteurs francophones
Tous les visiteurs du Stand de France sont-ils des francophiles avertis ? Pas du tout, répond Mónica Freyre : "La plupart d’entre eux ne parlent pas français ; pour certains, c’est une manière de se connecter à l’Europe". Ainsi de Romina, une trentenaire qui ne "manque" jamais une Feria del Libro, et est aujourd’hui accompagnée de son mari Oscar et de leur petite fille Sofía âgée de 8 ans. Pendant que sa mère parle, Sofía tourne attentivement les pages bariolées d’On a volé la coquille de Piti l’escargot.
Toutefois, de plus en plus d’adultes étudient le français sur le tard, pour le travail ou les voyages. "Parler français, c’est un plus", souligne un Argentin passant par là. Beaucoup cherchent donc des méthodes de langues, Becherel et autres dictionnaires. "Depuis quelques années, le français a trouvé un nouvel élan", note Mónica. "Des parents argentins ayant inscrit leurs enfants dans les établissements de Mermoz et Martinez, mais qui ne parlent pas français eux-mêmes, profitent aussi de la Feria pour demander conseil au Stand".
Autre motif pour venir à la Feria : "Nous cherchons des livres qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour les gens de l’intérieur, c’est encore plus important, car il n’y a pas de bonnes librairies partout. Pas d’avenida Corrientes à Quilmes !" explique Bilma, une avocate quadragénaire, dont le mari, Ricardo, tient une librairie de vieux livres, premières éditions et livres d’occasion.


Les best-sellers

Au hit-parade du Stand de France : les sections "art", "cuisine" et "histoire". Au-delà, il existe un public spécifique disparate, allant de l’étudiant en graphisme ou design à l’intellectuel porteño, en passant par les spécialistes en sciences juridiques ou économiques. D’autres encore viennent spécialement pour renouveler leur abonnement presse et profiter ainsi de la réduction de 20% offerte durant la Feria.
Mais plus que tout, c’est l’étal de livres illustrés qui attire les regards, en particulier les ouvrages en relief ou qui incorporent des matériaux saugrenus comme des poils ou des morceaux de tissu. Un véritable concert de jaune, bleu, vert, rouge, une fanfare d’animaux à poil et à écailles, de princesses, de bébés. Accompagnée de son père Oscar et d’une amie, une adolescente, Madeline, regarde. Oscar désigne J’ai le droit d’être enfant et Tous les humains ont les mêmes droits : "Cette idée de parler des droits de l’homme aux enfants, avec le support d’illustrations, c’est très bien pensé". Mónica commente : "Certains achètent un livre pour enfants et… un dictionnaire pour aller avec !"

Texte et photos de Lucie ELGOYHEN (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 10 mai 2010


http://www.lepetitjournal.com/culture-buenos-aires/57660-culture-un-livre-pour-enfants-et-un-dico-.html

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires.html

samedi 1 mai 2010

Esperando a Godot - Trait d'Union

De Samuel Beckett. Mis en scène par Berta Goldenberg et issu du travail de l’atelier de recherche théâtral du théâtre Anfitrión.

Une des œuvres majeures du répertoire théâtral français et européen actuellement à l’affiche dans le joli théâtre Anfritrión de Buenos Aires, une occasion à ne pas manquer pour les amateurs ou passionnés du « théâtre de l’absurde » et de Beckett.



Une pièce-phare du « nouveau théâtre » français de l’après-guerre


Pièce en prose écrite en français en 1948 par le dramaturge irlandais Samuel Beckett (1906-1989), et publiée en 1952 au Editions de Minuit, elle est représentée pour la première fois au Théâtre de Babylone le 4 janvier 1952 avec une mise en scène de Roger Blin qui joue lui-même le rôle de Pozzo. Elle a fait l’objet de multiples mises en scène et analyses depuis sa création.

Pièce maîtresse de Samuel Beckett, elle relève de ce que l’on a nommé ensuite le « théâtre de l’absurde » ou « nouveau théâtre », mouvance théâtrale avant-gardiste apparue dans les années 1940 à Paris, ou plus précisément dans le Quartier Latin, autour des pièces de Samuel Beckett et Eugène Ionesco notamment ainsi que celles d’Adamov, Fernando Arrabal ou Jean Genet. Cette mouvance se nourrit du contexte particulier de l’après-guerre, soit du traumatisme et de l’interrogation angoissée sur le sens de l’humanité qui s’en suivent. Elle s’inspire d’un point de vue théorique des écrits d’Artaud et de Brecht et de « la philosophie de l’existentialisme » de Sartre et Camus. Néanmoins, son originalité vient de ce qu’elle renouvelle la dramaturgie en intégrant le questionnement sur l’absurde au cœur de la mise en scène. Dans la continuité d’Alfred Jarry et des surréalistes, ce nouveau style théâtral rejette la caractérisation psychologique des personnages, la cohérence d’une intrigue structurée et la confiance dans le langage propres au théâtre occidental traditionnel. Des personnages-pantins, des lieux vides ou vagues, des temporalités cycliques, absentes ou distordues, des discours et des dialogues sans logique ou incohérents, un comique de répétition, de mime ou de jeux sur les mots sont les traits caractéristiques de ce type de théâtre qui, sous le comique apparent de la mise en scène, pose des questions essentielles sur la condition humaine.


« Synopsis »

Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, attendent un dénommé Godot (jeu sur le mot anglais god ou Dieu) qui ne viendra jamais. Dans l’attente, les deux compères cherchent à s’occuper en s’engageant dans des dialogues absurdes, aucun n’écoutant jamais vraiment l’autre. Ils voudraient se séparer mais n’y parviennent pas. Vladimir passe son temps à oublier et Estragon à rappeler. A la place de Godot, passe un duo saugrenu et inquiétant composé d’un maître, Pozzo, et de son esclave tenu en laisse, Lucky. Pozzo se met en spectacle et se sert de son esclave pour divertir les deux compères désœuvrés. Une scène fameuse est celle où Pozzo ordonne à Lucky de penser. Celui-ci s’engage alors dans un monologue fragmentaire et absurde de plusieurs pages jusqu’à ce que les autres personnages exaspérés le forcent à se taire.
La pièce est construite en deux actes, le deuxième étant une variation de la première. Pozzo, devenu aveugle revient sur scène toujours suivi de Lucky, devenu muet. Chaque acte se termine avec le coucher du soleil et la venue d’un messager annonçant que Godot ne viendra pas ce soir mais le lendemain. Le messager ne se rappelle jamais être venu la veille.


La mise en scène

Le décor simple et habituel d’un plateau vide seulement occupé par un arbuste dénudé est maintenu. Peu d’effets techniques sont utilisés, mise à part la lune qui descend et la lumière qui baisse pour indiquer la tomber de la nuit. Les personnages sont vêtus à la Chaplin et ont une allure de pantins. L’originalité et l’effet de surprise de la mise en scène viennent du changement régulier entre quatre acteurs (dont deux femmes) pour les deux mêmes personnages de Vladimir et Estragon, une manière de renforcer la déconstruction psychologique des personnages et d’insister sur le caractère universel de leur enfermement.

Finalement, une mise en scène argentine à partir d’une version traduite en espagnol qui respecte l’esprit et la lettre du texte (à part quelques petites adaptations telles que l’apparition de « boludo »…). Une jeune troupe de comédiens de talents dirigée par une metteuse en scène dont la réputation n’est plus à faire.


Berta Goldenberg

« Comenzó con una simple propuesta: un grupo de alumnos-actores investiga cuales preguntas lo desvelan, lo apasionan y lo motivan a elegir y trabajar un texto teatral, como actores, como artistas, como humanos.
Fue así, tras búsquedas, tanteos, lecturas, ensayos, que “Esperando a Godot” fue descubierta una vez más.
Una vez mas deslumbro, despertó, asombro, interrogo, hablo de nosotros.
Una vez mas esta obra estrenada en Paris en 1953, representada, estudiada, interpretada innumerables veces en innumerables países, fue objeto de conmoción y de revelación incesante.
Buscar el sutil y exquisito equilibrio entre humor y desesperación; lanzarse al juego huyendo de la frivolidad, desprenderse de teorías y escuchar solo al poeta, a sus exactas palabras, a sus silencios…hoy percibimos que esta aventura corrida con total entrega (e interrumpida solo porque alguna vez hay que interrumpir) nos ha recompensado largamente con goces, angustias y alegrías, paradójicos -y creo- muy becketteanos. »
Berta Goldenberg

Berta Goldenberg est issue d’une longue et intense trajectoire dans l’activité théâtrale comme actrice, professeur et metteuse en scène. Elle a commencé comme étudiante avant d’intégrer la troupe régulière du Théâtre IFT. Durant cette période, elle travaille avec la directrice artistique Jaime Kogan et joue dans les productions telles que Historia tendenciosa de la clase media argentina, de Ricardo Monti, Los días de la Comuna de Bertolt Brecht et El señor Galíndez de Eduardo Pavlovsky. La troupe est invitée à représenter ce dernier spectacle au Festival de Nancy. S’en suit une tournée en France et en Italie. L’œuvre est ensuite jouée en même tant que le spectacle pour enfants “Rajemos, Marqués, rajemos”, de Jorge Goldenberg- dans le cadre d’une tournée en Amérique Latine qui se termine au Festival international de théâtre de Caracas.
Berta demeure deux ans au Venezuela, années aux cours desquelles elle exerce comme professeur dans l’atelier d’expression artistique de l’Athénée de Caracas.

A son retour en Argentine, elle poursuit son activité de professeur dans divers établissements éducatifs. En 1990, elle fonde l’école de théâtre de Luisina Brando et Berta Goldenberg. A partir du travail de recherche et d’expérimentation théâtrales qu’elle mène avec son groupe d’élèves et anciens élèves de son école naît le projet de mettre en scène Le Roi se meurt de Eugène Ionesco qui sort en 1998 au Théâtre Payró. Ce spectacle fut nommé « meilleur spectacle off » de la saison par la Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE).

En août 2000, elle inaugure, conjointement avec un groupe de comédiens, metteurs et scène et écrivains, le théâtre Anfitrión, dont elle est aujourd’hui la directrice générale. Depuis, le théâtre Anfitrión n’a cessé de croître et est devenu un lieu intense de l’activité artistique et culturelle. C’est dans le cadre de ce théâtre qu’elle fonde et dirige ensuite une école de théâtre et met en scène Ondine de Jean Giraudoux, Fin de Partie de Samuel Becket et Fotos de Infancias de Jorge Goldenberg. Elle mène simultanément un travail intense de recherche à travers des ateliers d’expérimentation, dont sont sortis Acerca de Hamlet et En attendant Godot.



Fiche technique

Auteur : Samuel Beckett
Comédiens : Carla Canosa, Jorge Drechsler, Matías Panelo, Lucía Pratolongo, Desirée Salgueiro, Guillermina Schauman, Arturo Silva
Mise en scène Berta Goldenberg

Informations pratiques
Théâtre Anfitrion, Venezuela 3340- Capital Federal - Buenos Aires
Réservations par téléphone: 4931-2124 // 1530046545
Web: http://www.anfitrionteatro.com.ar
Entrée: $ 30,00 - samedi - 21:00 hs – Jusqu’au 08/05/2010

http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20465