Hey! Bon, tant pis pour le respect de la chronologie, je suis trop à la bourre, j écrirai ce qui me chante quand je pourrai...
Là j'ai envie de parler de mon passage matinal de la frontière peru-bolivienne. Un bordel! Bon, déjà je prévois d'écrire un truc sur les complications et arnaques qui attendent le touriste à chaque coin de rue du Pérou...
De retour à Cuzco de notre périple de trois jours pour nous rendre jusqu'au Machu Picchu, on prend la direction du terminal de bus. Aux revoirs un peu difficiles avec le couple et la jeune fille qui tenaient l'auberge où on était et qui ont fait partie des péruviens les plus sympas qu'on a rencontrés.
Pour se rendre en Bolivie en venant de Cuzco, il y a à peu près deux options: prendre un bus Perúrail jusqu'à Puno, la ville péruvienne du lac titicaca la plus proche de la frontière, y arriver sur les coups de 4h du mat et attendre deux heures un autre bus jusqu'à Copacabana ou la Paz, on profite alors des bus inclinables et larges de la compagnie mais pour une nuit coupée; 2ème option, prendre un bus Littoral qui va direct à Copacabana mais avec un confort restreint.
On choisit la deuxième option. En fait, une fois au terminal et l'heure de départ approchant, on ne voit toujours pas de bus Litoral affichant Copacabana comme destination. Ah, en revanche un bus Litoral en direction de la Paz vient de se garer! Etrange! Ah bah non, on nous explique que le bus ne sera pas direct, qu'au moment de la desvía, ceux qui vont à Copacabana seront mis dans un minibus. Ne vous inquiétez pas, "no pagaran un centavo!" "Ah, gracias". Soit-disant parce que le bus de Copacabana n`était pas arrivé. Moi, je suspecte que c'était pour faire du remplissage car on était peu à aller à Copacabana...
Bref bref... Il s'avère que le bus Litoral est confortable, à part qu'il n'y a pas de toilettes (pour plus de 7h de trajet). De toute manière, j'ai fini par prendre l'habitude de dormir partout et on est toujours crevée passées les 21h... On a meme le droit à une couverture ce qui n'arrive pas souvent! On est ensuite effectivement transvasé dans un minibus vers les 6h du mat je crois.
J'essaie d'entrouvrir les yeux pour regarder un peu le paysage: l'azul incroyable du lac Titicaca au loin, les monts et montagnes sèches environnantes que le soleil levant commence à éclairer, quelques baraques, chiens et paysans matinaux, des déchets sur le bord de la route (comme d'habitude)...
A l'approche de la frontière, on apercoit une file immense de voitures, des gens sortis prendre l'air au milieu des pouces pouces, moto-taxis qui défilent à contre-sens. L'animation et l'effervescence soudaine me sortent un peu de ma léthargie.
On nous fait descendre. Au passage on perd un peu le groupe lorsqu'Annelise remet son sac de couchage dans son sac. On les retrouve dans le poste de la migration.
Et là... j'avaie envie de m'arracher la tete. Qu'ai-je fait de ce fameux petit bout de papier blanc qu'ils m'ont donné (sans rien dire bien sur) quand l'avion attérissait à Lima? Ce papier d'entrée qu'il faut absolument remettre lorsque l'on quitte le territoire sous peine d'une multa (amende)? Je le savais, mais mon sac est plein à rabord... Je cherche en pestant pendant que le groupe attend... Fausse joie, le gars me redonne le meme papier blanc que je remplis en pensant que tout était vite résolu finalement. Il m'envoie le faire tamponner à un autre poste. Je reviens, il me donne un papier vert et je dois retourner à l'autre poste. Là la femme comprend que je n'entre pas sur le territoire mais que je sors et m'exige à nouveau le papier originel... Je me remets à chercher... J'ai honte de faire attendre tout le monde...
Je renonce et vais la voir. Ok, une amende de 5 dollars c'est pas grave. Mais en fait, pour payer, on m'apprend que je dois aller au Banco de la Nación au pueblo d'á coté. Au passage, le jeune garcon responsable du minibus m'apprend que le groupe ne peut plus m'attendre et qu'ils reviendront nous prendre Annelise et moi après. Une seconde femme que je n'avais pas encore vu me fourre dans un moto-carosse-taxi en me disant qu'elle m'attendra au meme endroit à mon retour. Elle blablate avec le chauffeur et voilà que je me retrouve à dévaler dans l'autre sens la rue au milieu et sur les cotés de la file de voitures.
Le pueblito n'est pas si près que ca. Arrivée devant la banque, je constate qu'elle est toujours fermée. Il est 8h, le chauffeur me dit qu'elle ouvre à 8h30 et qu'il ne peut pas m'attendre... Bon... je me retrouve à faire la queue avec les villageois. Je m'occupe en regardant l'animation matinale de la place municipale: déambulation des petites femmes en tenue traditionnelle (grande jupes superposés, colants de laine épais, tresses et chapeux ronds) arrivant en pouce-pouce et des hommes en noir à chapeaux de feutre, installation d'une petite estrade et test du son ("hola, hola! cuantro, cinco, si hola"), passage des policiers devant la banque discutant d'un air sérieux sur leur portable moderne...La file d'attente grandit peu à peu. A 8h30 entre le personnel de la banque... J'ai beau plaquer ma figure contre la vitre pour bien montrer que des gens attendent, ils ouvrent finalement à 9h. En deux minutes, je paye, en nuevos soles, la fameuse multa ridicule qui a causé tout ce périple et je pars à la recherche d'un nouveau taxi-moto pour retourner aux migracions...
Bien sur, à mon retour, plus personne ne m'attendait bien sur à part Annelise, la pauvre, qui était restée plantée sur un parapet avec nos deux gros sacs et que je retrouve en train de lire le Lonely Planet. De toute manière, on voit qu'il y a pleins de colectivos pour rejoindre Copacabana.
Quelle organisation! Passé du coté bolivien, on tombe sur un type ultra sympa qui nous remet un papier vert, qu'attention, il ne faudra pas perdre! "Si, si, lo entendí muy bien eso!"
dimanche 15 août 2010
lundi 9 août 2010
Journée á Lima
Nuit plus ou moins reposante. C'est toujours le même problème avec les dortoirs, tout le monde a des heures de lever et de coucher différentes.

Notre hostel était situé dans le quartier excentré de Barranco, que le guide du routard décrit comme le quartier le plus charmant et bohême de Lima.

On avait trop entendu que Lima était une ville sans grand intérêt et de plus dangereuse donc on a préféré aller dans ce quartier. De fait, on gardera une bonne image de Lima, de ce quartier du moins car on n'a même pas mis les pieds dans le centre... Le quartier est petit et tranquille, au bord de la plage. Il est traversé par deux grandes avenues principales oú s'alignent commerces, banques et bars pour la nuit. On se rend dans une agence qui nous apprend qu'on ne peut pas partir á Cuzco le soir même comme on le désirait ni le lendemain car du fait de la fete nationale qui a eu lieu juste avant notre arrivee fin juillet, il n'y a plus de place dans les bus.
Bon, on ira à Arequipa alors...
Ceci réglé, on commence à se balader. Au déjeuner, on goute le fameux ceviche, un plat à base de poisson crus, de fruits de mers accommodé avec beaucoup d'oignons et de citron. Émerveillées au début par cette fraicheur gustative, on finit par être un peu écœurées... surtout après qu'Annelise se soit enflammée la bouche pendant un quart d'heure à cause d'un piment pris pour un poivron...On nous a appris ensuite que les péruviens faisaient exprès de le mettre dans les assiettes des touristes...

Balade dans un marché artisanal un peu classe ou il y avait de très jolis vêtements un peu du même style que ceux qu' on trouve en Uruguay. Il est 4h de l aprem? Ouais, bon, le petit stand de cocktails donne envie... C est l'occasion pour Annelise de découvrir le pisco sour, un cocktail que je croyais chilien parce que mon coloc chilien l'avait déja préparé. C'est a base de pisco, un alcool qu'apparemment donc on trouve à la fois au Chili et au Pérou, mélangé avec du blanc d'oeuf, du citron et du sucre, je crois... Ca donne un cocktail frais et mousseux, délicieux quand il est bien préparé. On poursuit avec un maracuya sour, histoire de profiter des fruits locaux...

Lima est connue pour son fug permanent, a cause de la rencontre des masses d air chaude et d air froid de la mer et de la montagne, je crois... Cette espèce de brume donne l'impression que la ville est sous un couvercle, rapetissée par un ciel blanc permanent. Il y a beau avoir de la verdure dans les rues etc... l'atmosphère est un peu oppressante.
Dîner dans une sorte de marché sur la place principale de Barranco. Le Pérou est connu pour offrir une des gastronomies les meilleures d'Amérique du Sud. Il y a beaucoup d'influence asiatique, comme le fameux chaufa ou sauté de riz avec de la viande, du poulet et des légumes, et beaucoup d'épices. La nourriture est donc en général plus relevée que dans les autres pays de la région, comme l'Argentine par exemple...

La nuit est tombée. On continue à se balader un peu, sur le pont des soupirs,un joli pont en bois éclairé par quelques lanternes, apparemment la croisette romantique des limasiens? euh des gens de Lima...Cet endroit m'a curieusement rappelé la Chine, notamment la ville de Leijang
avec ses ruelles pavées charmantes et ces lampions rouges. Juste avant le pont, il y avait d'ailleurs une exposition de masques grimaçants colorés qui avaient vraiment l'air chinois. Influences étrangères à creuser...
Retour à l'auberge pour prendre un bus en direction d'Arequipa aux aurores...
Notre hostel était situé dans le quartier excentré de Barranco, que le guide du routard décrit comme le quartier le plus charmant et bohême de Lima.
On avait trop entendu que Lima était une ville sans grand intérêt et de plus dangereuse donc on a préféré aller dans ce quartier. De fait, on gardera une bonne image de Lima, de ce quartier du moins car on n'a même pas mis les pieds dans le centre... Le quartier est petit et tranquille, au bord de la plage. Il est traversé par deux grandes avenues principales oú s'alignent commerces, banques et bars pour la nuit. On se rend dans une agence qui nous apprend qu'on ne peut pas partir á Cuzco le soir même comme on le désirait ni le lendemain car du fait de la fete nationale qui a eu lieu juste avant notre arrivee fin juillet, il n'y a plus de place dans les bus.
Bon, on ira à Arequipa alors...
Ceci réglé, on commence à se balader. Au déjeuner, on goute le fameux ceviche, un plat à base de poisson crus, de fruits de mers accommodé avec beaucoup d'oignons et de citron. Émerveillées au début par cette fraicheur gustative, on finit par être un peu écœurées... surtout après qu'Annelise se soit enflammée la bouche pendant un quart d'heure à cause d'un piment pris pour un poivron...On nous a appris ensuite que les péruviens faisaient exprès de le mettre dans les assiettes des touristes...
Balade dans un marché artisanal un peu classe ou il y avait de très jolis vêtements un peu du même style que ceux qu' on trouve en Uruguay. Il est 4h de l aprem? Ouais, bon, le petit stand de cocktails donne envie... C est l'occasion pour Annelise de découvrir le pisco sour, un cocktail que je croyais chilien parce que mon coloc chilien l'avait déja préparé. C'est a base de pisco, un alcool qu'apparemment donc on trouve à la fois au Chili et au Pérou, mélangé avec du blanc d'oeuf, du citron et du sucre, je crois... Ca donne un cocktail frais et mousseux, délicieux quand il est bien préparé. On poursuit avec un maracuya sour, histoire de profiter des fruits locaux...
Lima est connue pour son fug permanent, a cause de la rencontre des masses d air chaude et d air froid de la mer et de la montagne, je crois... Cette espèce de brume donne l'impression que la ville est sous un couvercle, rapetissée par un ciel blanc permanent. Il y a beau avoir de la verdure dans les rues etc... l'atmosphère est un peu oppressante.
Dîner dans une sorte de marché sur la place principale de Barranco. Le Pérou est connu pour offrir une des gastronomies les meilleures d'Amérique du Sud. Il y a beaucoup d'influence asiatique, comme le fameux chaufa ou sauté de riz avec de la viande, du poulet et des légumes, et beaucoup d'épices. La nourriture est donc en général plus relevée que dans les autres pays de la région, comme l'Argentine par exemple...
La nuit est tombée. On continue à se balader un peu, sur le pont des soupirs,un joli pont en bois éclairé par quelques lanternes, apparemment la croisette romantique des limasiens? euh des gens de Lima...Cet endroit m'a curieusement rappelé la Chine, notamment la ville de Leijang
avec ses ruelles pavées charmantes et ces lampions rouges. Juste avant le pont, il y avait d'ailleurs une exposition de masques grimaçants colorés qui avaient vraiment l'air chinois. Influences étrangères à creuser...
Retour à l'auberge pour prendre un bus en direction d'Arequipa aux aurores...
Départ de Buenos Aires et arrivée á Lima
Bon, il est temps de réveiller un peu ce blog. A peine en début de rémission d´une bronchite-sinusite tenace qui m'a envoyé faire un tour á l´hopital puis chez le médecin, j'ai pris l'avion le 30 juillet en direction de Lima.
Escale de plusieurs heures á Santiago de Chile dans un aéroport grand et moderne, le temps de continuer á user quelques dizaines de mouchoirs et d'entamer mon guide du routard pour commencer á me faire une idée de ce que j'avais vraiment envie de faire lá-bas á part le Macchu Picchu.
Arrivée á Lima vers 1h10 du matin aprés avoir récupéré mon sac. Et lá, petit probléme, je ne vois ni Annelise avec qui on devait se retrouver á l'aéroport, ni le chauffeur de taxi censé avoir été envoyé par l'hostel...Le guide avertit sur les faux taxis etc... Je me dirige donc vers la compagnie Green je ne sais quoi qui avait son guichet dans l'aéroport et je rentre seule á l'hotel.
Joie, Annelise était bien déja arrivée a l'hotel comme je l'imaginais. Je la retrouve couchée dans le dortoir. Calin et clope rituelle de retrouvailles et dodo!
Escale de plusieurs heures á Santiago de Chile dans un aéroport grand et moderne, le temps de continuer á user quelques dizaines de mouchoirs et d'entamer mon guide du routard pour commencer á me faire une idée de ce que j'avais vraiment envie de faire lá-bas á part le Macchu Picchu.
Arrivée á Lima vers 1h10 du matin aprés avoir récupéré mon sac. Et lá, petit probléme, je ne vois ni Annelise avec qui on devait se retrouver á l'aéroport, ni le chauffeur de taxi censé avoir été envoyé par l'hostel...Le guide avertit sur les faux taxis etc... Je me dirige donc vers la compagnie Green je ne sais quoi qui avait son guichet dans l'aéroport et je rentre seule á l'hotel.
Joie, Annelise était bien déja arrivée a l'hotel comme je l'imaginais. Je la retrouve couchée dans le dortoir. Calin et clope rituelle de retrouvailles et dodo!
vendredi 16 juillet 2010
Légalisation du mariage homesexuel en Argentine! Petit Journal
SOCIÉTÉ - L'Argentine dit oui au mariage gay
L'Argentine est le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel, avec le vote de jeudi matin, à l'issue d'un débat-marathon au parlement. Ce texte a provoqué – en vain – une virulente opposition de l’Eglise catholique
D’un côté comme de l’autre, tout le monde s'est mobilisé. Mardi en fin de journée, des dizaines de milliers de personnes (200.000 selon les organisateurs), facilement identifiables à leurs foulards oranges, se massaient place du Congrès, à Buenos Aires pour manifester contre le mariage gay. Parmi eux, de nombreux jeunes, brandissant des slogans enflammés sur "la création par Dieu de l’homme, la femme et la famille" et "le respect de la loi naturelle de Dieu". Depuis plusieurs jours déjà, des affiches placardées sur les murs de Buenos Aires proclamaient : "Nous voulons un papa et une maman". Un message de la même eau de l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a été lu à la tribune et ovationné. En comparaison, les manifestants "pro-gay" rassemblés au même endroit, le lendemain, jour du vote, avec ses couples enlacés (homos et hétéros confondus), ses consignes amoureuses, sa scène musicale et sa bonne humeur contagieuse, avaient des allures… d’enfants de chœur !
Vote serré
La présidente Cristina Kirchner, dont le gouvernement soutient le projet, a contre-attaqué l'Eglise, avec qui elle entretient des relations conflictuelles, jugeant que ses arguments renvoyaient à "l'Inquisition". Son gouvernement l’a finalement emporté, même si le texte –approuvé par les députés en mai dernier– a fait l’objet d’un vote serré à la Chambre haute. Les sénateurs se sont prononcés en faveur de la légalisation par 33 voix contre 27, avec trois abstentions. Dans le Code civil, les termes "mari et femme" seront désormais remplacés par l'expression "les contractants".
L'Argentine devient ainsi le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage entre personnes d'un même sexe, accordant à ces couples le droit d'adopter. Sept couples gays se sont mariés depuis décembre dernier (certaines de ces unions sont contestées devant la justice). Buenos Aires est également la première ville d’Amérique latine à avoir voté une loi d’union civile (en 2003) entre personnes du même sexe. Jusqu'à présent, en Amérique latine, seule la ville de Mexico autorisait le mariage homosexuel.
Juliette REYNAL et Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 16 juillet 2010
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/61633-societe-largentine-dit-oui-au-mariage-gay.html
L'Argentine est le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage homosexuel, avec le vote de jeudi matin, à l'issue d'un débat-marathon au parlement. Ce texte a provoqué – en vain – une virulente opposition de l’Eglise catholique
D’un côté comme de l’autre, tout le monde s'est mobilisé. Mardi en fin de journée, des dizaines de milliers de personnes (200.000 selon les organisateurs), facilement identifiables à leurs foulards oranges, se massaient place du Congrès, à Buenos Aires pour manifester contre le mariage gay. Parmi eux, de nombreux jeunes, brandissant des slogans enflammés sur "la création par Dieu de l’homme, la femme et la famille" et "le respect de la loi naturelle de Dieu". Depuis plusieurs jours déjà, des affiches placardées sur les murs de Buenos Aires proclamaient : "Nous voulons un papa et une maman". Un message de la même eau de l'archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio, a été lu à la tribune et ovationné. En comparaison, les manifestants "pro-gay" rassemblés au même endroit, le lendemain, jour du vote, avec ses couples enlacés (homos et hétéros confondus), ses consignes amoureuses, sa scène musicale et sa bonne humeur contagieuse, avaient des allures… d’enfants de chœur !
Vote serré
La présidente Cristina Kirchner, dont le gouvernement soutient le projet, a contre-attaqué l'Eglise, avec qui elle entretient des relations conflictuelles, jugeant que ses arguments renvoyaient à "l'Inquisition". Son gouvernement l’a finalement emporté, même si le texte –approuvé par les députés en mai dernier– a fait l’objet d’un vote serré à la Chambre haute. Les sénateurs se sont prononcés en faveur de la légalisation par 33 voix contre 27, avec trois abstentions. Dans le Code civil, les termes "mari et femme" seront désormais remplacés par l'expression "les contractants".
L'Argentine devient ainsi le premier pays d'Amérique latine à légaliser le mariage entre personnes d'un même sexe, accordant à ces couples le droit d'adopter. Sept couples gays se sont mariés depuis décembre dernier (certaines de ces unions sont contestées devant la justice). Buenos Aires est également la première ville d’Amérique latine à avoir voté une loi d’union civile (en 2003) entre personnes du même sexe. Jusqu'à présent, en Amérique latine, seule la ville de Mexico autorisait le mariage homosexuel.
Juliette REYNAL et Barbara VIGNAUX (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) vendredi 16 juillet 2010
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/61633-societe-largentine-dit-oui-au-mariage-gay.html
jeudi 8 juillet 2010
vendredi 2 juillet 2010
jeudi 24 juin 2010
Actualité Buenos Aires»SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (2/2)
En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. "Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, Français de 34 installé à Buenos Aires depuis cinq ans, "en revanche, la vie de gay à Buenos Aires n’est pas si facile". La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, les limites du Paradis rose
Plusieurs initiatives récentes jalonnent l’histoire de la Buenos Aires gay-friendly. En 2002, la ville a défrayé la chronique en devenant la première d’Amérique latine à autoriser l’union civile entre homosexuels. La chaîne d’hôtels gay cinq étoiles Axel l’a choisie comme lieu d’implantation de son second hôtel. Du port de Buenos Aires est partie en février 2006 la croisière gay Oceana Insigna à destination de Rio de Janeiro. L’Argentine a été à l’initiative du Mondial de Football gay dont le championnat, en septembre 2007, s’est tenu à Buenos Aires. La "diva" argentine Suzana Gimenez a ensuite invité sur son plateau l’équipe argentine victorieuse. La militante transsexuelle Marcela Romera a été reconnue femme de l’année 2009 par la Chambre des députés. Et puis, si on est loin encore des foules de Sao Paulo (1,5 million de personnes), la Marcha 2009 de Buenos Aires a réuni environ 50.000 personnes. Hervé constate : "Aujourd’hui, y assistent ceux qui ne voulaient pas le faire il y a quelques années encore, pour ne pas s’afficher".
Encore fort à faire
A la télévision, enfin, l’image de la folle ou du type tordu, incarnée par exemple par Diego Ramos dans la série Gospel, a cédé la place au couple de séduisants joueurs de foot s’échangeant un beso langoureux dans la série Las Bottineras diffusée il y a quelques mois sur Telefe. Il est donc plus facile d’assumer son homosexualité au jour le jour : "On voit beaucoup plus de couples gays ou lesbiens qui se tiennent par la main, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans", observe Hervé.
Au niveau public et institutionnel, pourtant, il reste encore fort à faire. José, de l’association Nexo, engagée dans la défense des droits des homosexuels, explique qu’en dépit des progrès réalisés ces dernières années, le travail d’information au quotidien sur le VIH fait défaut : "Il n’y a pas de véritable campagne de prévention du VIH, on n’en parle pas. Le taux de contamination reste donc élevé".
En outre, le vent de liberté porteño n’a guère soufflé sur les autres provinces, traditionnellement plus conservatrices. "D’ailleurs, les blagues argentines ont souvent un rapport avec l’homosexualité", remarque Hervé. L’homosexualité est de plus en plus facile à vivre dans des villes comme Mendoza (avec l’élection du rey et de la reina gay de la Vendimia, la fête annuelle du vin), mais reste stigmatisée dans le nord du pays, comme Tucumán ou Salta. José explique : "Il faut lutter contre l’auto-censure en donnant plus de visibilité à cette question", une situation qui incite Nexo à multiplier ses cellules en province.
Enfin, on aborde peu la question des lesbiennes. Au final, un ensemble de disparités que l’image de la ville vedette du "tourisme rose" dissimule parfois.
Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 24 juin 2010
Sur ce sujet, voir l'article publié hier et notre article consacré au mariage gay, le labyrinthe judiciaire.
Infos gays sur le site de Ville de Buenos Aires : www.bue.gov.ar/especiales/?id=12
Marcha del Orgullo gay : www.marchadelorgullo.org.ar
Plan de Buenos Aires Gay : www.mapabsasgay.com.ar
Association Nexo, Av Callao 339, 5ème étage, tél.: 4374-4484
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60266-societe-buenos-aires-gay-22.html
Plusieurs initiatives récentes jalonnent l’histoire de la Buenos Aires gay-friendly. En 2002, la ville a défrayé la chronique en devenant la première d’Amérique latine à autoriser l’union civile entre homosexuels. La chaîne d’hôtels gay cinq étoiles Axel l’a choisie comme lieu d’implantation de son second hôtel. Du port de Buenos Aires est partie en février 2006 la croisière gay Oceana Insigna à destination de Rio de Janeiro. L’Argentine a été à l’initiative du Mondial de Football gay dont le championnat, en septembre 2007, s’est tenu à Buenos Aires. La "diva" argentine Suzana Gimenez a ensuite invité sur son plateau l’équipe argentine victorieuse. La militante transsexuelle Marcela Romera a été reconnue femme de l’année 2009 par la Chambre des députés. Et puis, si on est loin encore des foules de Sao Paulo (1,5 million de personnes), la Marcha 2009 de Buenos Aires a réuni environ 50.000 personnes. Hervé constate : "Aujourd’hui, y assistent ceux qui ne voulaient pas le faire il y a quelques années encore, pour ne pas s’afficher".
Encore fort à faire
A la télévision, enfin, l’image de la folle ou du type tordu, incarnée par exemple par Diego Ramos dans la série Gospel, a cédé la place au couple de séduisants joueurs de foot s’échangeant un beso langoureux dans la série Las Bottineras diffusée il y a quelques mois sur Telefe. Il est donc plus facile d’assumer son homosexualité au jour le jour : "On voit beaucoup plus de couples gays ou lesbiens qui se tiennent par la main, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans", observe Hervé.
Au niveau public et institutionnel, pourtant, il reste encore fort à faire. José, de l’association Nexo, engagée dans la défense des droits des homosexuels, explique qu’en dépit des progrès réalisés ces dernières années, le travail d’information au quotidien sur le VIH fait défaut : "Il n’y a pas de véritable campagne de prévention du VIH, on n’en parle pas. Le taux de contamination reste donc élevé".
En outre, le vent de liberté porteño n’a guère soufflé sur les autres provinces, traditionnellement plus conservatrices. "D’ailleurs, les blagues argentines ont souvent un rapport avec l’homosexualité", remarque Hervé. L’homosexualité est de plus en plus facile à vivre dans des villes comme Mendoza (avec l’élection du rey et de la reina gay de la Vendimia, la fête annuelle du vin), mais reste stigmatisée dans le nord du pays, comme Tucumán ou Salta. José explique : "Il faut lutter contre l’auto-censure en donnant plus de visibilité à cette question", une situation qui incite Nexo à multiplier ses cellules en province.
Enfin, on aborde peu la question des lesbiennes. Au final, un ensemble de disparités que l’image de la ville vedette du "tourisme rose" dissimule parfois.
Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 24 juin 2010
Sur ce sujet, voir l'article publié hier et notre article consacré au mariage gay, le labyrinthe judiciaire.
Infos gays sur le site de Ville de Buenos Aires : www.bue.gov.ar/especiales/?id=12
Marcha del Orgullo gay : www.marchadelorgullo.org.ar
Plan de Buenos Aires Gay : www.mapabsasgay.com.ar
Association Nexo, Av Callao 339, 5ème étage, tél.: 4374-4484
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60266-societe-buenos-aires-gay-22.html
mercredi 23 juin 2010
Actualité Buenos Aires» SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (1/2)

En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, une ville heterofriendly
Tapez "Buenos Aires gay" sur google : des milliers de pages vous donneront une idée de l’ampleur de l’offre touristique destinée à la clientèle homosexuelle internationale. Un touriste sur cinq se rendant à Buenos Aires serait homosexuel, selon l’Office du tourisme de la ville.
Sceptiques ? Consultez la section "Bue amigable" du site Web officiel du tourisme, procurez-vous La otra guía, les Circuitos cortos BSAS gay ou encore l’édition locale de Time Out. Vous y trouverez les spots gays ordonnés par rubriques (véhicules, art et déco, cours, nocturne, fitness, vestimentaire, logement, assos, tango…), au total plusieurs centaines d’adresses pour tous les goûts. "L’information circule bien, mais surtout par le bouche-à-oreille. Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, un Français de 34 ans installé à Buenos Aires depuis cinq ans.
De l’ambiance intimiste des milongas gay comme la Marshall, à l’Amerika, discothèque pourvue d’un énorme backroom, en passant par le renommé Palacio, à deux pas de l’Obélisque, les options de sorties nocturnes ne manquent pas. En s’éloignant de la capitale, ambiance plus "authentique" dans le rancho gay "Zona X" implanté à Suipacha au milieu de la Pampa et réunissant gauchos, trans, ouvriers agricoles et hommes mariés. Pour les amateurs de culture, passez donc par la Casa Brandon, près du Parque Centenario, un centre culturel gay alternatif à la programmation riche et variée. Stéphane a quant à lui tenu pendant des années un Bed and Breakfast gay à San Telmo : "Ici, on retrouve les mêmes stéréotypes que partout ailleurs – saunas, discothèques, bars, sex clubs – mais avec une dimension plus chaleureuse. A Buenos Aires, l'avantage c’est qu'on peut rencontrer des gays de toutes origines, naturels, plus masculins qu’à Paris".
Heterofriendly
Loin de la culture gay fermée renvoyant aux ghettos du passé, Buenos Aires est vécue comme avant tout heterofriendly. Il n’y a pas de quartier gay à proprement parler, comme le Marais à Paris. En outre, le cosmopolitisme de la ville se reflète dans la communauté gay. Des homosexuels originaires de tout le Mercosur viennent s’installer ici, car il est plus facile d’y trouver du travail et d’y assumer sa sexualité. De plus en plus nombreux également sont les Européens qui essaient de tirer parti d’opportunités commerciales intéressantes. "A Paris, j’avais l’impression de tourner en rond, je m’ennuyais", confie Hervé. Il n’avait prévu de rester que quelques mois à Buenos Aires, mais s’y est finalement installé : "Buenos Aires est plus dynamique et moins communautaire que Paris, et je connais beaucoup de gays qui y ont investi, soit en achetant un appartement, soit en lançant une petite entreprise".
Au quotidien, néanmoins, ce n’est pas toujours aussi facile qu’ailleurs. "Le touriste gay s’éclate, mais la vie gay n’est pas aussi structurée. Il y a moins de clubs de sports, d’associations, de moyens, et plus de discrimination", relève Hervé. Ainsi, hormis le journal engagé Queer, édité par la Fédération argentine de Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transsexuels (FALGBT) et la revue Imperio tournée vers le commerce sexuel, rien de comparable à une revue généraliste, comparable au Têtu français : Guapo, paru il y a deux ans a vite fait faillite.
Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) mercredi 23 juin 2010
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60265-societe-buenos-aires-gay-12.html
dimanche 13 juin 2010
J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne
J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne / Estaba en mi casa y esperaba que llegara la lluvia, une pièce de Jean-Luc Lagarce, traduite par Laurent Berger et mise en scène par Stella Galazzi. Au théâtre San Martín…attention jusqu´au dimanche 13 uniquement !
L’insoutenable pesanteur de l’absence
Cinq femmes attendent le fils, le frère, qui s’est enfui à la suite d’une ultime dispute avec le père. Revenu après le décès du dernier, le fils demeure absent, malade ou mort, dérobé aux regards des spectateurs. Cinq femmes de tous les âges, la plus vieille, la mère et les trois sœurs, ressassant des souvenirs pour lutter contre le sentiment de l’absence, cinq vies arrêtées à une journée, celles du départ du jeune garçon. Du souvenir du passé fragmentaire envahissant et asphyxiant le présent jusqu’à interdire tout futur, le langage va, progressivement, s’emparer de la scène. Un langage poétique s’étirant sur la répétition, la litanie, l’imploration, les murmures, s’emportant pour se briser en crises de nerfs et de larmes, distribués entre cinq voix se relayant ou s’entrechoquant pour exprimer toujours un même soupir, un même désespoir.
Pièce de fin de vie, rédigée en 1994 et traitant de l’absence et de l’attente, « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne », n’est pas étrangère à l’affection que portait Lagarce pour Beckett. Traduite en espagnole et mise en scène à Buenos Aires, la pièce, en plus de son thème universel, reçoit une résonance nouvelle, plus intimement liée à l’histoire du pays, lorsque l’on pense au drame des "desaparecidos".
Une mise en scène sobre et efficace
La pièce est portée par une performance de qualité des cinq comédiennes et une mise en scène qui a su respecter l’importance primordiale du langage en l’accompagnant d’un décor simple et mobile. Une maison occupe en longueur le centre du plateau. Ses deux murs latéraux s’ouvrent et se referment pour faire apparaître une cuisine. L’élément symbolisant la tension centrale de la pièce est figurée par un escalier au centre et au fond de la maison et menant à une chambre à l’étage. Escalier de l’élévation attendue et impossible, lien entre deux mondes demeurant irrémédiablement étanches. De la chambre, le spectateur n’apercevra jamais que la fenêtre, éclairée ou dans la pénombre, afin de suggérer ce jeu de la présence et de l’absence du jeune garçon, en fonction des divagations du discours des cinq femmes. Des éléments à droite et à gauche du plateau complètent le décor pour donner l’impression d’un jardin.
Les costumes sont simples et destinés à caractériser les cinq personnages dont on ne connaîtra jamais le nom : ceux des deux vieilles femmes travailleuses dégagent, lorsqu’elles sont à l’ouvrage, l’ambiance des tableaux de Vermeer tandis que les robes ajustées d’une des grandes sœurs et les converses et le jean de la dernière viennent rompre toute tentative de situer temporellement le drame.
Le jeu des lumières scande le passage des jours et des nuits tandis que la venue finale de la pluie signale un renversement dramatique.
Jean-Luc Lagarce (1957-1995)
Lagarce est un des hommes de théâtre français parmi les plus originaux de la scène contemporaine. Dramaturge, comédien et metteur en scène, il a rédigé vingt-cinq œuvres de théâtre, trois récits et un roman. Il a étudié la philosophie à Besançon, rédigeant dans ce cadre un mémoire de maîtrise sur « Théâtre et pouvoir en Occident », avant de se dédier entièrement au théâtre en fondant « Le théâtre de la roulotte » en hommage à Jean Vilar. Il a mis en scène Beckett, Ionesco, Labiche, Goldoni, Genet… et ses propres écrits. Son écriture et son langage théâtral, du fait de leur caractère novateur, ont fait l’objet d’une reconnaissance posthume. Actuellement, il est l’auteur le plus représenté en France après Shakespeare et Molière et a déjà été traduit dans vingt-cinq langues. Il figure au programme du baccalauréat depuis trois ans. Les pièces de Lagarce sont construites sur des intrigues minces afin d’accorder une pleine puissance au langage, à ses tensions, ses ambiguïtés, ses implicites, ses potentialités.
A ne pas rater, jusqu’au dimanche 13 juin
Comédiens : Graciela Araujo, Marta Lubos, Valentina Bassi, Paula Ituriza, Paloma Contreras
Durée : 90 minutes environ
Teatro General San Martín, Corrientes 1530 - 0-800-333-5254
Vendredi, samedi et dimanche à 20 heures. Prix de l’entrée : 45$
Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20795
L’insoutenable pesanteur de l’absence
Cinq femmes attendent le fils, le frère, qui s’est enfui à la suite d’une ultime dispute avec le père. Revenu après le décès du dernier, le fils demeure absent, malade ou mort, dérobé aux regards des spectateurs. Cinq femmes de tous les âges, la plus vieille, la mère et les trois sœurs, ressassant des souvenirs pour lutter contre le sentiment de l’absence, cinq vies arrêtées à une journée, celles du départ du jeune garçon. Du souvenir du passé fragmentaire envahissant et asphyxiant le présent jusqu’à interdire tout futur, le langage va, progressivement, s’emparer de la scène. Un langage poétique s’étirant sur la répétition, la litanie, l’imploration, les murmures, s’emportant pour se briser en crises de nerfs et de larmes, distribués entre cinq voix se relayant ou s’entrechoquant pour exprimer toujours un même soupir, un même désespoir.
Pièce de fin de vie, rédigée en 1994 et traitant de l’absence et de l’attente, « J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne », n’est pas étrangère à l’affection que portait Lagarce pour Beckett. Traduite en espagnole et mise en scène à Buenos Aires, la pièce, en plus de son thème universel, reçoit une résonance nouvelle, plus intimement liée à l’histoire du pays, lorsque l’on pense au drame des "desaparecidos".
Une mise en scène sobre et efficace
La pièce est portée par une performance de qualité des cinq comédiennes et une mise en scène qui a su respecter l’importance primordiale du langage en l’accompagnant d’un décor simple et mobile. Une maison occupe en longueur le centre du plateau. Ses deux murs latéraux s’ouvrent et se referment pour faire apparaître une cuisine. L’élément symbolisant la tension centrale de la pièce est figurée par un escalier au centre et au fond de la maison et menant à une chambre à l’étage. Escalier de l’élévation attendue et impossible, lien entre deux mondes demeurant irrémédiablement étanches. De la chambre, le spectateur n’apercevra jamais que la fenêtre, éclairée ou dans la pénombre, afin de suggérer ce jeu de la présence et de l’absence du jeune garçon, en fonction des divagations du discours des cinq femmes. Des éléments à droite et à gauche du plateau complètent le décor pour donner l’impression d’un jardin.
Les costumes sont simples et destinés à caractériser les cinq personnages dont on ne connaîtra jamais le nom : ceux des deux vieilles femmes travailleuses dégagent, lorsqu’elles sont à l’ouvrage, l’ambiance des tableaux de Vermeer tandis que les robes ajustées d’une des grandes sœurs et les converses et le jean de la dernière viennent rompre toute tentative de situer temporellement le drame.
Le jeu des lumières scande le passage des jours et des nuits tandis que la venue finale de la pluie signale un renversement dramatique.
Jean-Luc Lagarce (1957-1995)
Lagarce est un des hommes de théâtre français parmi les plus originaux de la scène contemporaine. Dramaturge, comédien et metteur en scène, il a rédigé vingt-cinq œuvres de théâtre, trois récits et un roman. Il a étudié la philosophie à Besançon, rédigeant dans ce cadre un mémoire de maîtrise sur « Théâtre et pouvoir en Occident », avant de se dédier entièrement au théâtre en fondant « Le théâtre de la roulotte » en hommage à Jean Vilar. Il a mis en scène Beckett, Ionesco, Labiche, Goldoni, Genet… et ses propres écrits. Son écriture et son langage théâtral, du fait de leur caractère novateur, ont fait l’objet d’une reconnaissance posthume. Actuellement, il est l’auteur le plus représenté en France après Shakespeare et Molière et a déjà été traduit dans vingt-cinq langues. Il figure au programme du baccalauréat depuis trois ans. Les pièces de Lagarce sont construites sur des intrigues minces afin d’accorder une pleine puissance au langage, à ses tensions, ses ambiguïtés, ses implicites, ses potentialités.
A ne pas rater, jusqu’au dimanche 13 juin
Comédiens : Graciela Araujo, Marta Lubos, Valentina Bassi, Paula Ituriza, Paloma Contreras
Durée : 90 minutes environ
Teatro General San Martín, Corrientes 1530 - 0-800-333-5254
Vendredi, samedi et dimanche à 20 heures. Prix de l’entrée : 45$
Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20795
vendredi 14 mai 2010
39 escalones-Trait d'Union
Le fameux metteur en scène Manuel González Gil et la troupe de comédiens argentins (Nicolás Escarpino, Laura Oliva, Diego Ramos et Fabián Gianola) dont la réputation n’est plus à faire se sont joints pour proposer une version argentine décapante d’humour et d’énergie de la comédie d’Hitchcock, Los 39 escalones. Sortie sur les écrans en 1935, et originalement basée sur le roman de John Buchan et adaptée par Patrick Barlo, mise en scène à plusieurs reprises à Brodway et à Londres où elle a rencontré un succès foudroyant, la pièce est à l’affiche du petit Théâtre Picadilly de l’avenue Corrientes depuis avril.
Synopsis
"Los 39 escalones" est une fiction trépidante qui se déroule lors de la seconde guerre mondiale. Richard Hannay, dandy désœuvré en visite à Londres, décide de se rendre à un spectacle pour tromper l’ennui. A la fin de la représentation, une dénommée Annabella Smith le supplie de l’emmener avec lui et de la cacher car elle prétend être poursuivie par des agents secrets. Une fois dans l’appartement de Richard, elle lui révèle que des informations top confidentielles et vitales pour la sécurité nationale sont sur le point de passer la frontière, mais elle est assassinée dans la même nuit. Craignant d’être accusé, Richard prend la fuite. S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques. Richard est en effet rapidement accusé du meurtre de Mlle Smith. La police et les meurtriers à ses trousses, il doit sans cesse dissimuler son identité et changer de lieu. Il lui faut retrouver les espions et faire échouer leur mission, afin de prouver son innocence. Sur sa route, il croise toutes sortes de personnages extravagants et ne manque pas de voler le cœur de diverses jeunes femmes qui l’aident à s’échapper.
Une mise en scène hilarante qui s’expose comme telle
Acteurs qui traînent les portes sur la scène, les passent et en ressortent en souriant au public, qui s’allongent par terre et agitent bras et jambes pour mimer des sables mouvants, qui secouent un morceau de tissu bleu pour manifester un fleuve, voilà quelques exemples de procédés à l’effet comique infaillible. Manuel González Gil a débordé d’inventivité et d’humour afin de proposer une mise en scène qui se manifeste pleinement comme telle. Une manipulation ingénieuse des objets du décor coordonnée à un jeu parfait de quatre comédiens qui incarnent à eux seuls plus d’une centaine de personnages au cours de la pièce. On retiendra la prestation de l´acteur Nicolás Escarpino, parfaitement à l’aise dans son rôle de dandy anglais séducteur invétéré transformé soudainement en Sherlock Homes de circonstance. Les comédiens jouent à merveille la caricature de leurs personnages et semblent à chaque instant se divertir autant que le public hilare auquel ils s’adressent. Les explosions de rire fusent en effet dans le public et s’appuient mutuellement du début à la fin de la représentation. Le tout dans l’atmosphère chaleureuse de la petite salle semi-circulaire du Teatro Picadilly dans laquelle González Gil n’hésite pas à envoyer ses acteurs courir et faire des signes à la régie.
Une pièce esprit Broadway à la sauce argentine et porteña parfaite pour colorer un soir de fin de semaine.
Informations pratiques
Teatro Picadilly, Av. Corrientes 1524, Buenos Aires. Tel: (54 11) 4373 1900
Représentations : mercredi et jeudi à 21 heures, vendredi à 21h30, samedi à 21h30 et 23h30, dimanche à 20 heures.
Prix de l’entrée : 90$
Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20565
Synopsis
"Los 39 escalones" est une fiction trépidante qui se déroule lors de la seconde guerre mondiale. Richard Hannay, dandy désœuvré en visite à Londres, décide de se rendre à un spectacle pour tromper l’ennui. A la fin de la représentation, une dénommée Annabella Smith le supplie de l’emmener avec lui et de la cacher car elle prétend être poursuivie par des agents secrets. Une fois dans l’appartement de Richard, elle lui révèle que des informations top confidentielles et vitales pour la sécurité nationale sont sur le point de passer la frontière, mais elle est assassinée dans la même nuit. Craignant d’être accusé, Richard prend la fuite. S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques. Richard est en effet rapidement accusé du meurtre de Mlle Smith. La police et les meurtriers à ses trousses, il doit sans cesse dissimuler son identité et changer de lieu. Il lui faut retrouver les espions et faire échouer leur mission, afin de prouver son innocence. Sur sa route, il croise toutes sortes de personnages extravagants et ne manque pas de voler le cœur de diverses jeunes femmes qui l’aident à s’échapper.
Une mise en scène hilarante qui s’expose comme telle
Acteurs qui traînent les portes sur la scène, les passent et en ressortent en souriant au public, qui s’allongent par terre et agitent bras et jambes pour mimer des sables mouvants, qui secouent un morceau de tissu bleu pour manifester un fleuve, voilà quelques exemples de procédés à l’effet comique infaillible. Manuel González Gil a débordé d’inventivité et d’humour afin de proposer une mise en scène qui se manifeste pleinement comme telle. Une manipulation ingénieuse des objets du décor coordonnée à un jeu parfait de quatre comédiens qui incarnent à eux seuls plus d’une centaine de personnages au cours de la pièce. On retiendra la prestation de l´acteur Nicolás Escarpino, parfaitement à l’aise dans son rôle de dandy anglais séducteur invétéré transformé soudainement en Sherlock Homes de circonstance. Les comédiens jouent à merveille la caricature de leurs personnages et semblent à chaque instant se divertir autant que le public hilare auquel ils s’adressent. Les explosions de rire fusent en effet dans le public et s’appuient mutuellement du début à la fin de la représentation. Le tout dans l’atmosphère chaleureuse de la petite salle semi-circulaire du Teatro Picadilly dans laquelle González Gil n’hésite pas à envoyer ses acteurs courir et faire des signes à la régie.
Une pièce esprit Broadway à la sauce argentine et porteña parfaite pour colorer un soir de fin de semaine.
Informations pratiques
Teatro Picadilly, Av. Corrientes 1524, Buenos Aires. Tel: (54 11) 4373 1900
Représentations : mercredi et jeudi à 21 heures, vendredi à 21h30, samedi à 21h30 et 23h30, dimanche à 20 heures.
Prix de l’entrée : 90$
Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20565
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