Le fameux metteur en scène Manuel González Gil et la troupe de comédiens argentins (Nicolás Escarpino, Laura Oliva, Diego Ramos et Fabián Gianola) dont la réputation n’est plus à faire se sont joints pour proposer une version argentine décapante d’humour et d’énergie de la comédie d’Hitchcock, Los 39 escalones. Sortie sur les écrans en 1935, et originalement basée sur le roman de John Buchan et adaptée par Patrick Barlo, mise en scène à plusieurs reprises à Brodway et à Londres où elle a rencontré un succès foudroyant, la pièce est à l’affiche du petit Théâtre Picadilly de l’avenue Corrientes depuis avril.
Synopsis
"Los 39 escalones" est une fiction trépidante qui se déroule lors de la seconde guerre mondiale. Richard Hannay, dandy désœuvré en visite à Londres, décide de se rendre à un spectacle pour tromper l’ennui. A la fin de la représentation, une dénommée Annabella Smith le supplie de l’emmener avec lui et de la cacher car elle prétend être poursuivie par des agents secrets. Une fois dans l’appartement de Richard, elle lui révèle que des informations top confidentielles et vitales pour la sécurité nationale sont sur le point de passer la frontière, mais elle est assassinée dans la même nuit. Craignant d’être accusé, Richard prend la fuite. S’ensuivent une série d’aventures rocambolesques. Richard est en effet rapidement accusé du meurtre de Mlle Smith. La police et les meurtriers à ses trousses, il doit sans cesse dissimuler son identité et changer de lieu. Il lui faut retrouver les espions et faire échouer leur mission, afin de prouver son innocence. Sur sa route, il croise toutes sortes de personnages extravagants et ne manque pas de voler le cœur de diverses jeunes femmes qui l’aident à s’échapper.
Une mise en scène hilarante qui s’expose comme telle
Acteurs qui traînent les portes sur la scène, les passent et en ressortent en souriant au public, qui s’allongent par terre et agitent bras et jambes pour mimer des sables mouvants, qui secouent un morceau de tissu bleu pour manifester un fleuve, voilà quelques exemples de procédés à l’effet comique infaillible. Manuel González Gil a débordé d’inventivité et d’humour afin de proposer une mise en scène qui se manifeste pleinement comme telle. Une manipulation ingénieuse des objets du décor coordonnée à un jeu parfait de quatre comédiens qui incarnent à eux seuls plus d’une centaine de personnages au cours de la pièce. On retiendra la prestation de l´acteur Nicolás Escarpino, parfaitement à l’aise dans son rôle de dandy anglais séducteur invétéré transformé soudainement en Sherlock Homes de circonstance. Les comédiens jouent à merveille la caricature de leurs personnages et semblent à chaque instant se divertir autant que le public hilare auquel ils s’adressent. Les explosions de rire fusent en effet dans le public et s’appuient mutuellement du début à la fin de la représentation. Le tout dans l’atmosphère chaleureuse de la petite salle semi-circulaire du Teatro Picadilly dans laquelle González Gil n’hésite pas à envoyer ses acteurs courir et faire des signes à la régie.
Une pièce esprit Broadway à la sauce argentine et porteña parfaite pour colorer un soir de fin de semaine.
Informations pratiques
Teatro Picadilly, Av. Corrientes 1524, Buenos Aires. Tel: (54 11) 4373 1900
Représentations : mercredi et jeudi à 21 heures, vendredi à 21h30, samedi à 21h30 et 23h30, dimanche à 20 heures.
Prix de l’entrée : 90$
Lucie Elgoyhen
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20565
vendredi 14 mai 2010
lundi 10 mai 2010
Un livre pour enfants et un dico. Petit Journal
CULTURE – Un livre pour enfants et... un dico
Le Stand français a l’allure d’une véritable petite librairie gala : douze sections (art, BD, jeunesse, tourisme, cuisine, histoire…), 2.200 titres et plus d’une vingtaine d’éditeurs, rien de moins. On y trouve des Argentins qui n’ont jamais étudié le français, d’autres qui commencent, et quelques francophiles passionnés… Chronique d’un week-end sur le Stand français de la Feria del Libro
Fondateur et directeur de la librairie franco-argentine Las Mil y Una Hojas, Ezequiel Izcovich (lire notre portrait) est en charge de l’organisation et de la tenue du Stand français, avec le soutien du BIEF, le Bureau international de l’édition française : "L’objectif n’est pas seulement de vendre des livres durant la Feria", explique-t-il, "mais aussi de favoriser la diffusion et d’inciter les partenaires locaux à traduire certains ouvrages". Le stand ne désemplit pas. "Ici, il y a de tout. Le public est très varié", commente de son côté Mónica Freyre, déléguée pour le Cône Sud d’Unipresse et de Bayard, présente durant l’événement : "La Feria del Libro est un véritable paseo cultural". A défaut d’acheter des livres (avec, parfois, d’alléchantes réductions), les plus démunis ramènent chez eux une considérable collection de brochures et catalogues.
Les nouveaux lecteurs francophones
Tous les visiteurs du Stand de France sont-ils des francophiles avertis ? Pas du tout, répond Mónica Freyre : "La plupart d’entre eux ne parlent pas français ; pour certains, c’est une manière de se connecter à l’Europe". Ainsi de Romina, une trentenaire qui ne "manque" jamais une Feria del Libro, et est aujourd’hui accompagnée de son mari Oscar et de leur petite fille Sofía âgée de 8 ans. Pendant que sa mère parle, Sofía tourne attentivement les pages bariolées d’On a volé la coquille de Piti l’escargot.
Toutefois, de plus en plus d’adultes étudient le français sur le tard, pour le travail ou les voyages. "Parler français, c’est un plus", souligne un Argentin passant par là. Beaucoup cherchent donc des méthodes de langues, Becherel et autres dictionnaires. "Depuis quelques années, le français a trouvé un nouvel élan", note Mónica. "Des parents argentins ayant inscrit leurs enfants dans les établissements de Mermoz et Martinez, mais qui ne parlent pas français eux-mêmes, profitent aussi de la Feria pour demander conseil au Stand".
Autre motif pour venir à la Feria : "Nous cherchons des livres qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour les gens de l’intérieur, c’est encore plus important, car il n’y a pas de bonnes librairies partout. Pas d’avenida Corrientes à Quilmes !" explique Bilma, une avocate quadragénaire, dont le mari, Ricardo, tient une librairie de vieux livres, premières éditions et livres d’occasion.
Les best-sellers
Au hit-parade du Stand de France : les sections "art", "cuisine" et "histoire". Au-delà, il existe un public spécifique disparate, allant de l’étudiant en graphisme ou design à l’intellectuel porteño, en passant par les spécialistes en sciences juridiques ou économiques. D’autres encore viennent spécialement pour renouveler leur abonnement presse et profiter ainsi de la réduction de 20% offerte durant la Feria.
Mais plus que tout, c’est l’étal de livres illustrés qui attire les regards, en particulier les ouvrages en relief ou qui incorporent des matériaux saugrenus comme des poils ou des morceaux de tissu. Un véritable concert de jaune, bleu, vert, rouge, une fanfare d’animaux à poil et à écailles, de princesses, de bébés. Accompagnée de son père Oscar et d’une amie, une adolescente, Madeline, regarde. Oscar désigne J’ai le droit d’être enfant et Tous les humains ont les mêmes droits : "Cette idée de parler des droits de l’homme aux enfants, avec le support d’illustrations, c’est très bien pensé". Mónica commente : "Certains achètent un livre pour enfants et… un dictionnaire pour aller avec !"
Texte et photos de Lucie ELGOYHEN (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 10 mai 2010
http://www.lepetitjournal.com/culture-buenos-aires/57660-culture-un-livre-pour-enfants-et-un-dico-.html
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires.html
Le Stand français a l’allure d’une véritable petite librairie gala : douze sections (art, BD, jeunesse, tourisme, cuisine, histoire…), 2.200 titres et plus d’une vingtaine d’éditeurs, rien de moins. On y trouve des Argentins qui n’ont jamais étudié le français, d’autres qui commencent, et quelques francophiles passionnés… Chronique d’un week-end sur le Stand français de la Feria del Libro
Fondateur et directeur de la librairie franco-argentine Las Mil y Una Hojas, Ezequiel Izcovich (lire notre portrait) est en charge de l’organisation et de la tenue du Stand français, avec le soutien du BIEF, le Bureau international de l’édition française : "L’objectif n’est pas seulement de vendre des livres durant la Feria", explique-t-il, "mais aussi de favoriser la diffusion et d’inciter les partenaires locaux à traduire certains ouvrages". Le stand ne désemplit pas. "Ici, il y a de tout. Le public est très varié", commente de son côté Mónica Freyre, déléguée pour le Cône Sud d’Unipresse et de Bayard, présente durant l’événement : "La Feria del Libro est un véritable paseo cultural". A défaut d’acheter des livres (avec, parfois, d’alléchantes réductions), les plus démunis ramènent chez eux une considérable collection de brochures et catalogues.
Les nouveaux lecteurs francophones
Tous les visiteurs du Stand de France sont-ils des francophiles avertis ? Pas du tout, répond Mónica Freyre : "La plupart d’entre eux ne parlent pas français ; pour certains, c’est une manière de se connecter à l’Europe". Ainsi de Romina, une trentenaire qui ne "manque" jamais une Feria del Libro, et est aujourd’hui accompagnée de son mari Oscar et de leur petite fille Sofía âgée de 8 ans. Pendant que sa mère parle, Sofía tourne attentivement les pages bariolées d’On a volé la coquille de Piti l’escargot.
Toutefois, de plus en plus d’adultes étudient le français sur le tard, pour le travail ou les voyages. "Parler français, c’est un plus", souligne un Argentin passant par là. Beaucoup cherchent donc des méthodes de langues, Becherel et autres dictionnaires. "Depuis quelques années, le français a trouvé un nouvel élan", note Mónica. "Des parents argentins ayant inscrit leurs enfants dans les établissements de Mermoz et Martinez, mais qui ne parlent pas français eux-mêmes, profitent aussi de la Feria pour demander conseil au Stand".
Autre motif pour venir à la Feria : "Nous cherchons des livres qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour les gens de l’intérieur, c’est encore plus important, car il n’y a pas de bonnes librairies partout. Pas d’avenida Corrientes à Quilmes !" explique Bilma, une avocate quadragénaire, dont le mari, Ricardo, tient une librairie de vieux livres, premières éditions et livres d’occasion.
Les best-sellers
Au hit-parade du Stand de France : les sections "art", "cuisine" et "histoire". Au-delà, il existe un public spécifique disparate, allant de l’étudiant en graphisme ou design à l’intellectuel porteño, en passant par les spécialistes en sciences juridiques ou économiques. D’autres encore viennent spécialement pour renouveler leur abonnement presse et profiter ainsi de la réduction de 20% offerte durant la Feria.
Mais plus que tout, c’est l’étal de livres illustrés qui attire les regards, en particulier les ouvrages en relief ou qui incorporent des matériaux saugrenus comme des poils ou des morceaux de tissu. Un véritable concert de jaune, bleu, vert, rouge, une fanfare d’animaux à poil et à écailles, de princesses, de bébés. Accompagnée de son père Oscar et d’une amie, une adolescente, Madeline, regarde. Oscar désigne J’ai le droit d’être enfant et Tous les humains ont les mêmes droits : "Cette idée de parler des droits de l’homme aux enfants, avec le support d’illustrations, c’est très bien pensé". Mónica commente : "Certains achètent un livre pour enfants et… un dictionnaire pour aller avec !"
Texte et photos de Lucie ELGOYHEN (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) lundi 10 mai 2010
http://www.lepetitjournal.com/culture-buenos-aires/57660-culture-un-livre-pour-enfants-et-un-dico-.html
http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires.html
samedi 1 mai 2010
Esperando a Godot - Trait d'Union
De Samuel Beckett. Mis en scène par Berta Goldenberg et issu du travail de l’atelier de recherche théâtral du théâtre Anfitrión.
Une des œuvres majeures du répertoire théâtral français et européen actuellement à l’affiche dans le joli théâtre Anfritrión de Buenos Aires, une occasion à ne pas manquer pour les amateurs ou passionnés du « théâtre de l’absurde » et de Beckett.
Une pièce-phare du « nouveau théâtre » français de l’après-guerre
Pièce en prose écrite en français en 1948 par le dramaturge irlandais Samuel Beckett (1906-1989), et publiée en 1952 au Editions de Minuit, elle est représentée pour la première fois au Théâtre de Babylone le 4 janvier 1952 avec une mise en scène de Roger Blin qui joue lui-même le rôle de Pozzo. Elle a fait l’objet de multiples mises en scène et analyses depuis sa création.
Pièce maîtresse de Samuel Beckett, elle relève de ce que l’on a nommé ensuite le « théâtre de l’absurde » ou « nouveau théâtre », mouvance théâtrale avant-gardiste apparue dans les années 1940 à Paris, ou plus précisément dans le Quartier Latin, autour des pièces de Samuel Beckett et Eugène Ionesco notamment ainsi que celles d’Adamov, Fernando Arrabal ou Jean Genet. Cette mouvance se nourrit du contexte particulier de l’après-guerre, soit du traumatisme et de l’interrogation angoissée sur le sens de l’humanité qui s’en suivent. Elle s’inspire d’un point de vue théorique des écrits d’Artaud et de Brecht et de « la philosophie de l’existentialisme » de Sartre et Camus. Néanmoins, son originalité vient de ce qu’elle renouvelle la dramaturgie en intégrant le questionnement sur l’absurde au cœur de la mise en scène. Dans la continuité d’Alfred Jarry et des surréalistes, ce nouveau style théâtral rejette la caractérisation psychologique des personnages, la cohérence d’une intrigue structurée et la confiance dans le langage propres au théâtre occidental traditionnel. Des personnages-pantins, des lieux vides ou vagues, des temporalités cycliques, absentes ou distordues, des discours et des dialogues sans logique ou incohérents, un comique de répétition, de mime ou de jeux sur les mots sont les traits caractéristiques de ce type de théâtre qui, sous le comique apparent de la mise en scène, pose des questions essentielles sur la condition humaine.
« Synopsis »
Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, attendent un dénommé Godot (jeu sur le mot anglais god ou Dieu) qui ne viendra jamais. Dans l’attente, les deux compères cherchent à s’occuper en s’engageant dans des dialogues absurdes, aucun n’écoutant jamais vraiment l’autre. Ils voudraient se séparer mais n’y parviennent pas. Vladimir passe son temps à oublier et Estragon à rappeler. A la place de Godot, passe un duo saugrenu et inquiétant composé d’un maître, Pozzo, et de son esclave tenu en laisse, Lucky. Pozzo se met en spectacle et se sert de son esclave pour divertir les deux compères désœuvrés. Une scène fameuse est celle où Pozzo ordonne à Lucky de penser. Celui-ci s’engage alors dans un monologue fragmentaire et absurde de plusieurs pages jusqu’à ce que les autres personnages exaspérés le forcent à se taire.
La pièce est construite en deux actes, le deuxième étant une variation de la première. Pozzo, devenu aveugle revient sur scène toujours suivi de Lucky, devenu muet. Chaque acte se termine avec le coucher du soleil et la venue d’un messager annonçant que Godot ne viendra pas ce soir mais le lendemain. Le messager ne se rappelle jamais être venu la veille.
La mise en scène
Le décor simple et habituel d’un plateau vide seulement occupé par un arbuste dénudé est maintenu. Peu d’effets techniques sont utilisés, mise à part la lune qui descend et la lumière qui baisse pour indiquer la tomber de la nuit. Les personnages sont vêtus à la Chaplin et ont une allure de pantins. L’originalité et l’effet de surprise de la mise en scène viennent du changement régulier entre quatre acteurs (dont deux femmes) pour les deux mêmes personnages de Vladimir et Estragon, une manière de renforcer la déconstruction psychologique des personnages et d’insister sur le caractère universel de leur enfermement.
Finalement, une mise en scène argentine à partir d’une version traduite en espagnol qui respecte l’esprit et la lettre du texte (à part quelques petites adaptations telles que l’apparition de « boludo »…). Une jeune troupe de comédiens de talents dirigée par une metteuse en scène dont la réputation n’est plus à faire.
Berta Goldenberg
« Comenzó con una simple propuesta: un grupo de alumnos-actores investiga cuales preguntas lo desvelan, lo apasionan y lo motivan a elegir y trabajar un texto teatral, como actores, como artistas, como humanos.
Fue así, tras búsquedas, tanteos, lecturas, ensayos, que “Esperando a Godot” fue descubierta una vez más.
Una vez mas deslumbro, despertó, asombro, interrogo, hablo de nosotros.
Una vez mas esta obra estrenada en Paris en 1953, representada, estudiada, interpretada innumerables veces en innumerables países, fue objeto de conmoción y de revelación incesante.
Buscar el sutil y exquisito equilibrio entre humor y desesperación; lanzarse al juego huyendo de la frivolidad, desprenderse de teorías y escuchar solo al poeta, a sus exactas palabras, a sus silencios…hoy percibimos que esta aventura corrida con total entrega (e interrumpida solo porque alguna vez hay que interrumpir) nos ha recompensado largamente con goces, angustias y alegrías, paradójicos -y creo- muy becketteanos. »
Berta Goldenberg
Berta Goldenberg est issue d’une longue et intense trajectoire dans l’activité théâtrale comme actrice, professeur et metteuse en scène. Elle a commencé comme étudiante avant d’intégrer la troupe régulière du Théâtre IFT. Durant cette période, elle travaille avec la directrice artistique Jaime Kogan et joue dans les productions telles que Historia tendenciosa de la clase media argentina, de Ricardo Monti, Los días de la Comuna de Bertolt Brecht et El señor Galíndez de Eduardo Pavlovsky. La troupe est invitée à représenter ce dernier spectacle au Festival de Nancy. S’en suit une tournée en France et en Italie. L’œuvre est ensuite jouée en même tant que le spectacle pour enfants “Rajemos, Marqués, rajemos”, de Jorge Goldenberg- dans le cadre d’une tournée en Amérique Latine qui se termine au Festival international de théâtre de Caracas.
Berta demeure deux ans au Venezuela, années aux cours desquelles elle exerce comme professeur dans l’atelier d’expression artistique de l’Athénée de Caracas.
A son retour en Argentine, elle poursuit son activité de professeur dans divers établissements éducatifs. En 1990, elle fonde l’école de théâtre de Luisina Brando et Berta Goldenberg. A partir du travail de recherche et d’expérimentation théâtrales qu’elle mène avec son groupe d’élèves et anciens élèves de son école naît le projet de mettre en scène Le Roi se meurt de Eugène Ionesco qui sort en 1998 au Théâtre Payró. Ce spectacle fut nommé « meilleur spectacle off » de la saison par la Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE).
En août 2000, elle inaugure, conjointement avec un groupe de comédiens, metteurs et scène et écrivains, le théâtre Anfitrión, dont elle est aujourd’hui la directrice générale. Depuis, le théâtre Anfitrión n’a cessé de croître et est devenu un lieu intense de l’activité artistique et culturelle. C’est dans le cadre de ce théâtre qu’elle fonde et dirige ensuite une école de théâtre et met en scène Ondine de Jean Giraudoux, Fin de Partie de Samuel Becket et Fotos de Infancias de Jorge Goldenberg. Elle mène simultanément un travail intense de recherche à travers des ateliers d’expérimentation, dont sont sortis Acerca de Hamlet et En attendant Godot.
Fiche technique
Auteur : Samuel Beckett
Comédiens : Carla Canosa, Jorge Drechsler, Matías Panelo, Lucía Pratolongo, Desirée Salgueiro, Guillermina Schauman, Arturo Silva
Mise en scène Berta Goldenberg
Informations pratiques
Théâtre Anfitrion, Venezuela 3340- Capital Federal - Buenos Aires
Réservations par téléphone: 4931-2124 // 1530046545
Web: http://www.anfitrionteatro.com.ar
Entrée: $ 30,00 - samedi - 21:00 hs – Jusqu’au 08/05/2010
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20465
Une des œuvres majeures du répertoire théâtral français et européen actuellement à l’affiche dans le joli théâtre Anfritrión de Buenos Aires, une occasion à ne pas manquer pour les amateurs ou passionnés du « théâtre de l’absurde » et de Beckett.
Une pièce-phare du « nouveau théâtre » français de l’après-guerre
Pièce en prose écrite en français en 1948 par le dramaturge irlandais Samuel Beckett (1906-1989), et publiée en 1952 au Editions de Minuit, elle est représentée pour la première fois au Théâtre de Babylone le 4 janvier 1952 avec une mise en scène de Roger Blin qui joue lui-même le rôle de Pozzo. Elle a fait l’objet de multiples mises en scène et analyses depuis sa création.
Pièce maîtresse de Samuel Beckett, elle relève de ce que l’on a nommé ensuite le « théâtre de l’absurde » ou « nouveau théâtre », mouvance théâtrale avant-gardiste apparue dans les années 1940 à Paris, ou plus précisément dans le Quartier Latin, autour des pièces de Samuel Beckett et Eugène Ionesco notamment ainsi que celles d’Adamov, Fernando Arrabal ou Jean Genet. Cette mouvance se nourrit du contexte particulier de l’après-guerre, soit du traumatisme et de l’interrogation angoissée sur le sens de l’humanité qui s’en suivent. Elle s’inspire d’un point de vue théorique des écrits d’Artaud et de Brecht et de « la philosophie de l’existentialisme » de Sartre et Camus. Néanmoins, son originalité vient de ce qu’elle renouvelle la dramaturgie en intégrant le questionnement sur l’absurde au cœur de la mise en scène. Dans la continuité d’Alfred Jarry et des surréalistes, ce nouveau style théâtral rejette la caractérisation psychologique des personnages, la cohérence d’une intrigue structurée et la confiance dans le langage propres au théâtre occidental traditionnel. Des personnages-pantins, des lieux vides ou vagues, des temporalités cycliques, absentes ou distordues, des discours et des dialogues sans logique ou incohérents, un comique de répétition, de mime ou de jeux sur les mots sont les traits caractéristiques de ce type de théâtre qui, sous le comique apparent de la mise en scène, pose des questions essentielles sur la condition humaine.
« Synopsis »
Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, attendent un dénommé Godot (jeu sur le mot anglais god ou Dieu) qui ne viendra jamais. Dans l’attente, les deux compères cherchent à s’occuper en s’engageant dans des dialogues absurdes, aucun n’écoutant jamais vraiment l’autre. Ils voudraient se séparer mais n’y parviennent pas. Vladimir passe son temps à oublier et Estragon à rappeler. A la place de Godot, passe un duo saugrenu et inquiétant composé d’un maître, Pozzo, et de son esclave tenu en laisse, Lucky. Pozzo se met en spectacle et se sert de son esclave pour divertir les deux compères désœuvrés. Une scène fameuse est celle où Pozzo ordonne à Lucky de penser. Celui-ci s’engage alors dans un monologue fragmentaire et absurde de plusieurs pages jusqu’à ce que les autres personnages exaspérés le forcent à se taire.
La pièce est construite en deux actes, le deuxième étant une variation de la première. Pozzo, devenu aveugle revient sur scène toujours suivi de Lucky, devenu muet. Chaque acte se termine avec le coucher du soleil et la venue d’un messager annonçant que Godot ne viendra pas ce soir mais le lendemain. Le messager ne se rappelle jamais être venu la veille.
La mise en scène
Le décor simple et habituel d’un plateau vide seulement occupé par un arbuste dénudé est maintenu. Peu d’effets techniques sont utilisés, mise à part la lune qui descend et la lumière qui baisse pour indiquer la tomber de la nuit. Les personnages sont vêtus à la Chaplin et ont une allure de pantins. L’originalité et l’effet de surprise de la mise en scène viennent du changement régulier entre quatre acteurs (dont deux femmes) pour les deux mêmes personnages de Vladimir et Estragon, une manière de renforcer la déconstruction psychologique des personnages et d’insister sur le caractère universel de leur enfermement.
Finalement, une mise en scène argentine à partir d’une version traduite en espagnol qui respecte l’esprit et la lettre du texte (à part quelques petites adaptations telles que l’apparition de « boludo »…). Une jeune troupe de comédiens de talents dirigée par une metteuse en scène dont la réputation n’est plus à faire.
Berta Goldenberg
« Comenzó con una simple propuesta: un grupo de alumnos-actores investiga cuales preguntas lo desvelan, lo apasionan y lo motivan a elegir y trabajar un texto teatral, como actores, como artistas, como humanos.
Fue así, tras búsquedas, tanteos, lecturas, ensayos, que “Esperando a Godot” fue descubierta una vez más.
Una vez mas deslumbro, despertó, asombro, interrogo, hablo de nosotros.
Una vez mas esta obra estrenada en Paris en 1953, representada, estudiada, interpretada innumerables veces en innumerables países, fue objeto de conmoción y de revelación incesante.
Buscar el sutil y exquisito equilibrio entre humor y desesperación; lanzarse al juego huyendo de la frivolidad, desprenderse de teorías y escuchar solo al poeta, a sus exactas palabras, a sus silencios…hoy percibimos que esta aventura corrida con total entrega (e interrumpida solo porque alguna vez hay que interrumpir) nos ha recompensado largamente con goces, angustias y alegrías, paradójicos -y creo- muy becketteanos. »
Berta Goldenberg
Berta Goldenberg est issue d’une longue et intense trajectoire dans l’activité théâtrale comme actrice, professeur et metteuse en scène. Elle a commencé comme étudiante avant d’intégrer la troupe régulière du Théâtre IFT. Durant cette période, elle travaille avec la directrice artistique Jaime Kogan et joue dans les productions telles que Historia tendenciosa de la clase media argentina, de Ricardo Monti, Los días de la Comuna de Bertolt Brecht et El señor Galíndez de Eduardo Pavlovsky. La troupe est invitée à représenter ce dernier spectacle au Festival de Nancy. S’en suit une tournée en France et en Italie. L’œuvre est ensuite jouée en même tant que le spectacle pour enfants “Rajemos, Marqués, rajemos”, de Jorge Goldenberg- dans le cadre d’une tournée en Amérique Latine qui se termine au Festival international de théâtre de Caracas.
Berta demeure deux ans au Venezuela, années aux cours desquelles elle exerce comme professeur dans l’atelier d’expression artistique de l’Athénée de Caracas.
A son retour en Argentine, elle poursuit son activité de professeur dans divers établissements éducatifs. En 1990, elle fonde l’école de théâtre de Luisina Brando et Berta Goldenberg. A partir du travail de recherche et d’expérimentation théâtrales qu’elle mène avec son groupe d’élèves et anciens élèves de son école naît le projet de mettre en scène Le Roi se meurt de Eugène Ionesco qui sort en 1998 au Théâtre Payró. Ce spectacle fut nommé « meilleur spectacle off » de la saison par la Asociación de Cronistas del Espectáculo (ACE).
En août 2000, elle inaugure, conjointement avec un groupe de comédiens, metteurs et scène et écrivains, le théâtre Anfitrión, dont elle est aujourd’hui la directrice générale. Depuis, le théâtre Anfitrión n’a cessé de croître et est devenu un lieu intense de l’activité artistique et culturelle. C’est dans le cadre de ce théâtre qu’elle fonde et dirige ensuite une école de théâtre et met en scène Ondine de Jean Giraudoux, Fin de Partie de Samuel Becket et Fotos de Infancias de Jorge Goldenberg. Elle mène simultanément un travail intense de recherche à travers des ateliers d’expérimentation, dont sont sortis Acerca de Hamlet et En attendant Godot.
Fiche technique
Auteur : Samuel Beckett
Comédiens : Carla Canosa, Jorge Drechsler, Matías Panelo, Lucía Pratolongo, Desirée Salgueiro, Guillermina Schauman, Arturo Silva
Mise en scène Berta Goldenberg
Informations pratiques
Théâtre Anfitrion, Venezuela 3340- Capital Federal - Buenos Aires
Réservations par téléphone: 4931-2124 // 1530046545
Web: http://www.anfitrionteatro.com.ar
Entrée: $ 30,00 - samedi - 21:00 hs – Jusqu’au 08/05/2010
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