lundi 22 février 2010

Chanter Rio, crier Rio, danser Rio, embrasser Rio, pleurer Rio, rêver Rio, trépigner Rio… vivre Rio… mais jamais jamais oublier Rio !



Si les cariocas, les habitants de Rio ont surnommé leur ville « Cidade maravilhosa », ce n’est vraiment pas sans raison ! Cité merveilleuse, cité des merveilles, dans tous les sens on peut le dire, jusqu’à l’origine latine du mot « mirabilia » désignant une chose si peu ordinaire qu’elle en devient surnaturelle ou miraculeuse. De même que dans les contes médiévaux, le merveilleux n’était jamais loin de l’étrange et de l’inquiétant, à Rio, l’envol euphorique hors du réel côtoie des retombées tout aussi rapides dans les réalités les plus crues.

Ironiquement, la ville s’est choisie pour symbole la statue du Christ Rédempteur. Du haut de ses 38 mètres et perchée sur les 710 mètres du mont du Corcovado (bossu en portugais), la statue domine la ville en une vision panoramique vertigineuse. Déjà au XVIème siècle, les colons portugais ne s’étaient pas trompés qui avaient d’abord baptisé le Corcovado « Pináculo da tentação » ou « le pinacle de la tentation ». Le regard divin plonge d’abord dans la mare urbaine en contrebas, se noie dans la verdure enserrant les différents quartiers de la ville, puis grimpe avec les favelas dans les collines, ricoche sur les îles et le Pão de Açúcar du littoral, pour venir se perdre définitivement dans l’infinie bleutée de l’océan. Une perle, un joyau de beauté en somme qui s’apprécie entre autres du haut de points de vue époustouflants. Bref, une ville qui a de quoi ravir les esthètes!






Curieux protecteur que ce Christ enlaçant, dans un même mouvement, les centaines de favelas perchées dans les montagnes, les tours du centre et les plages de Copacabana ou d’Ipanema! Curieux témoin muet des foules en délire dansant sur les rythmes endiablés des chars de samba ! En même temps, un message de partage et de communion jamais aussi fort que dans les rues au moment du carnaval. En rappelant qu’une fois il a racheté les pêchés du genre humain, le rédempteur offre-t-il aux brésiliens de l’espoir à chaque lever de soleil? Peut-être est-il seulement un symbole infini du silence divin, tout autant omniprésent que majestueusement isolé sur son Corcovado.

Paradoxe encore que ce vestige d’un projet démentiel comme seuls les colons ont pu les concevoir. Né dans la deuxième moitié du 19ème siècle, le projet avait échoué avec l’avènement de la République en 1889 et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. L’idée est relancée en 1921 à l’occasion des commémorations du centenaire de l’indépendance du pays. L’Eglise est alors soucieuse de réaffirmer son influence au Brésil. La statue est inaugurée en 1931.


Quand j’ai aperçu la statue du Christ dans le bus menant de l’aéroport au centre-ville, j’ai eu comme un choc visuel. « Mais, je le connais, c’est lui ! ». En fait, j’ai réalisé brusquement que je ne savais même pas qu’il était à Rio ou même comment je l’avais découvert. Des images du film « Roméo et Juliette » de Baz Luhrmann me sont alors revenues à l’esprit, qui ne m’ont plus quittée ensuite. J’ai eu cette impression trouble que l’on ressent parfois face à quelque chose que l’on découvre pour la première fois mais qui nous semble pourtant familière. Pour ceux qui s’en rappellent, peut-être qu’il pourront confirmer car je n’arrive pas à vérifier sur internet, je crois qu’au début, il y a une prise en plongée qui tourne très vite autour de la statue du Christ et de la ville, en même temps qu’on entend un orgue et des chœurs d’église. J’avais été marquée par cette scène, et même, j’avais beaucoup aimé ce film (bon ok, c’était aussi ma période Di Caprio…). Même si l’histoire est transposée à Verona Beach, le rythme saccadé du film, l’ambiance carnavalesque, les contrastes et la violence des gangs dans le film représentent assez bien une part de ce que l’on peut ressentir et voir à Rio. En tout cas, dans le bus, j’ai été prise de vertige. Tout de suite, j’ai compris que Rio était une de ces villes fortes qu’une fois découvertes, l’on ne pourra jamais oublier. Je ne regrette pas de n’avoir rien préparé de mon voyage avant de partir car ainsi j'ai été pleinement frappée par l’effet de surprise.

lundi 8 février 2010

Un week-end hors de Buenos Aires suspendu aux nuages: Colón entre Ríos


Comme beaucoup de porteños à cette période de l’année, j’ai décidé moi aussi d’aller prendre l’air des environs et de m’éloigner un peu de l’agitation de la capitale, le temps d’un week-end. Je me suis donc jointe à mes deux colocs argentins et à leurs amis pour aller faire un tour dans une petite ville balnéaire à 320 kms au nord de Buenos Aires, nommée Colón et située dans la province d’Entre Ríos, à la frontière avec l’Uruguay.



Problème : on a très mal choisi notre moment. La chaleur caniculaire des derniers jours avait déjà commencé à éclater pendant la semaine. Jeudi, elle se transforme en une pluie incessante. Tout en consultant les prévisions météo alarmantes, on achète nos tickets de bus. On décide de compter sur la chance, bien qu’en y croyant à moitié. Au moment du départ, vendredi soir, il pleut toujours à flots. Les éclairs et le vent nous accompagnent pendant les cinq heures de bus/micro. Arrivée à 6h du mat environ dans un petit jour sombre et maussade. Café con leche, medialunas (la version argentine des croissants dont je dois avouer qu’elle n’a en commun avec son inspiration française que la forme, en taille réduite, une pensée attendrie pour mes boulangeries chéries de France), attente interminable d’un taxi (on se rend compte qu’il n’y en a que deux qui font quarante fois le tour de la ville pour déposer tout le monde). Les routes sont de terre, très peu de rues disposent des trottoirs donc c’est le parcours du combattant avec les valises et la tente. Arrivée dans la boue au camping.

Vision effarante : la plage du camping a simplement disparu, entièrement recouverte par le fleuve débordant qui a inondé rues et champs sur son passage. Impossible de monter la tente. On se réfugie sur la terrasse couverte du resto du camping, bordée par l’eau montante. Pendant que mes compagnons de malchance jouent de la musique, je regarde l’étendue brunâtre et menaçante se perdre dans les arbres de l’île d’en face. Je précise que c’est la première fois que mes colocs voient ça. Apparemment, ces pluies diluviennes, ici, à Buenos Aires, ou dans la région, n’ont rien de normal mais se multiplient avec le changement climatique.



On se décide pour un hôtel, pas trop le choix de toute manière, et on va passer la journée au complexe thermal d’à côté. C’est un ensemble de piletas (piscine) d’eau caliente couvertes ou à l’air libre dénivelant au milieu des arbres et de la pelouse. On voit le fleuve qui a enflé jusqu’à nous. Il semble que tous les vacanciers désemparés se sont donnés le mot pour atterrir ici, au milieu des jets d’eaux, de la pluie et du vent. Colón est un lieu de villégiature pour argentins. On n’en doute pas quand on regarde toutes les familles assises au bord des piscines, en train de siroter le maté traditionnel (sorte d’infusion amère ressemblant au thé que l’on boit à tout heure de la journée, en famille, entre amis, dans la rue, les magasins, chez soi, n’importe où), un thermos à la main. Le côté latino tel qu’on l’imagine se note dans le choix des maillots de bain de certaines jeunes filles (ou moins jeunes d’ailleurs). Comme partout, les activités principales de ce genre d’endroit de repos une fois qu’on s’est épuisé à rester immobile dans un bassin : manger (milanesas, hamburgers, papas fritas con huevos ou tout autre « aliment » venant dans un sachet plastique) et boire (bière et boissons gazeuses de préférence, les argentins adorent ça et il existe toute une gamme de goûts et de marques, dont des versions 0% pour les filles, Ser étant la plus connue.
Miracle de fin de journée : la pluie cesse tandis que les rayons du soleil reprennent péniblement le dessus. Les alentours semblent transfigurés sous l’effet de la luminosité.


Passage match de foot à l’hôtel, instant de compassion pour la Boca qui perd 2 à 4 contre Newell’s. Au dîner, je déguste ma première parilla depuis le début du séjour, assortiment de morceaux de viande rouge ou de volaille cuits sur le grill, plus que moins gras (Louis, pas de doute, tu adorerais !). Idée lumineuse de me changer avant d’aller faire du karting dans la boue…

Le dimanche, retour d’une chaleur écrasante. Balade dans Colón : la ville est petite, calme et reposante, rien à voir avec Buenos Aires. Comme toujours, les rues sont en damier. La végétation est assez luxuriante et encadre de charmantes maisonnettes, dont beaucoup sont destinés à la location pour les vacanciers de passage. Bon, compagnie de garçons oblige, on consacre une partie de l’aprèm à un centre de jeux vidéos. Bien sûr, mes scores sont lamentables. Retour aux thermes version ensoleillée et familles argentines en pleine séance de bronzage. Piletas encore plus remplies que la veille, enfants qui crient et sautent dans tous les sens. Comme la veille, mes copains argentins passent leur temps à jouer guitare normale, guitare à quatre cordes, percus et une espèce de curieux mini-clavier de piano portatif relié à un tuyau dans lequel on souffle pour faire sortir les notes. Plus facile à comprendre que quand ils déconnent en espagnol…



Déjà, retour en bus à Buenos Aires. Les bus argentins sont très spacieux et confortables. Il y a même une machine à café (enfin un liquide couleur café au goût de sucre) en libre-service et une distribution d’en-cas (notamment le fameux alpha-rolls au dulce de leche anti-nutritif). Clim à fond comme toujours.

Et demain, après ce week-end estival argentin, départ pour une toute autre ambiance, à Rio ! Bien sûr, au lieu de me préparer, je traîne à raconter ma vie sur ce blog…

Se loger à Buenos Aires : simplissime !

Bon, un mois après mon arrivée, voici une page pratique pour ceux qui envisageraient de faire un tour par ici :

- Pour un séjour de courte durée, il existe une multitude d’auberges de jeunesse pour tous les goûts et tous les budgets situés dans tous les quartiers dynamiques de la ville, notamment Palermo, el Centro et San Telmo. Les deux que je pourrais recommander, bien entendu sont celles où j’ai séjourné : Sandanzas à San Telmo (http://www.sandanzas.com.ar/ ) et Casa Esmeralda à Palermo (http://www.casaesmeralda.com.ar/). En fait, ce sont des auberges si petites et familiales qu’elles se rapprochent des maisons d’hôtes. A chaque fois, le personnel est extrêmement sympa, très serviable et dynamique. Sandanzas est d’ambiance plus jeune, plus festive et plus artiste tandis que la Casa Esmeralda, ancienne retraite bouddhiste disposant d’un jardin avec deux hamacs, est plus recommandée pour se délasser et récupérer des soirées de la veille.


- Pour un séjour de longue durée: il semble qu’il existe deux marchés de location, un pour les gens restant plus de deux ans et en mesure de signer un bail, et un autre plus spécifiquement destiné aux touristes ou résidents étrangers, plus cher donc. Le système des sous-locs est bien rodé. Il existe une multitude d’apparts ou de maisons partagés à deux, quatre, six, dix personnes. Les prix varient en fonction des quartiers. La plupart des propositions incluent les services wifi, ménage, télé, équipement... Certains disposent de terrasses, une bénédiction pour les soirées d’été. Je renvoie à un site ultra pratique et efficace, grâce auquel j’ai trouvé mon appart en deux jours : Comparto del depto. On s’inscrit, on poste une annonce (on se présente, on précise si on est fumeur ou non fumeur par ex…), et on peut alors accéder aux avisos et y répondre. Le site Craigslist, valable pour le monde entier, peut également servir, autant qu’il vous permet de racheter une casserole, de rencontrer une âme sœur ou de trouver un boulot. Autre site ultra pratique, qui peut servir d’alternative aux auberges de jeunesse, dont je reparlerai sûrement : couchsurfing. Ils ont un groupe de recherche d’apparts pour Buenos Aires où sont répertoriés d’autres moteurs de recherche. (http://www.couchsurfing.org/group.html?gid=8842). Certains dueños demandent une durée de séjour minimum, d’un, deux ou trois mois, de même qu’ils peuvent réclamer une caution. D’autres vous donnent simplement les clés et vous payez cash chaque mois.

J’ai eu de la chance car je suis arrivée pendant les vacances scolaires d’été, donc beaucoup de chambres étaient libres. Quoi qu’il en soit, visitez avant de vous engager. Eventuellement, le montant du loyer se négocie. D’ailleurs, il est souhaitable de comparer les annonces et les prix en fonction des quartiers et de la taille de la chambre et de l’appart, car certains proprios ne se privent pas pour profiter du commerce juteux des touristes. Certaines annonces mettent en avant l’implantation idéale de l’appart alors que ce n’est pas nécessairement intéressant de se retrouver en face d’une place à touristes, et de payer un prix en conséquence. En revanche, vérifiez quand même si le quartier est convenablement sûr, s’il est bien connecté aux métros et aux collectivos, et s’il y a des rues animées que vous pouvez emprunter pour revenir seul à pied le soir. Par la suite, ne vous étonnez pas si de temps en temps il y a des coupures d’électricité, des problèmes de connexion internet ou de pression de l’eau. Vous n’êtes pas seul, c’est le cas de tout votre quartier en général.


Conclusion : si vous avez un ou deux mois à tuer, un peu d’argent de côté et que vous voulez découvrir une ville super chouette tout en pratiquant votre espagnol, contactez l’agence lucie-buenos aires. Nous vous fournirons de plus amples informations et nous vous proposerons également des circuits personnalisés et une Quilmes (bière locale) d’accueil à l’arrivée !

mercredi 3 février 2010

San Telmo-Montserrat

Allez, parlons un peu du quartier où j’habite. J’ai dit qu’il s’appelait San Telmo, en fait j’habite un peu plus au nord de San Telmo à deux cuadras du centre, dans un quartier dénommé Montserrat. Passons…

Dans cette zone va-t-on dire, première observation tout à fait pratique, issue de mauvaises expériences réitérées : toujours regarder où l’on marche, sous peine de trébucher ou de se râper les pieds contre une dalle. Il y a des trous partout, les trottoirs sont très irréguliers. Résultat : je ne peux pas vous parler du quartier, je n’ai rien vu !
Non, disons qu’ici surgit un dilemme insurmontable car on voudrait lever le nez tout le temps pour apercevoir les charmantes façades bigarrées se succédant le long des rues. L’architecture n’est pas mon fort. Style colonial, fin 19ème ? Un mélange de style souvent, des balcons ornés, des colonnes, des moulages, un peu baroque peut-être. Les immeubles portent très clairement la marque du temps, certains sont laissés à l’abandon, d’autres sont à moitiés détruits ou les murs lézardés. La peinture s’écaille ou porte la teinte noirâtre des âges. Ces vestiges d’une époque glorieuse procurent au quartier son charme suranné.

Les rues, hormis les grandes avenues qui quadrillent par parallèles tout la ville, sont plutôt étroites. Y déboulent à toute allure collectivos, radio-taxis et vieilles voitures. Des deux-roues se fraient ponctuellement un chemin parmi eux sans que l’on comprenne comment ils survivent. Ah oui, deuxième observation pratique valable pour toute la ville : TOUJOURS TOUJOURS regarder quarante fois avant de traverser ! Ici, priorité aux véhicules motorisés, aucune piété pour les passants qui doivent se ruer sur le trottoir d’en face lorsque le feu passe au rouge ! Les têtes en l’air doivent s’adapter s’ils veulent vivre…

Montserrat, plus que San Telmo peut-être, se présente comme un quartier simple et habitable. On y trouve très peu de boutiques modernes, les banques se distinguent par leur absence presque totale, sauf si l’on se dirige vers le centre, de même que les grands magasins ou les bureaux d’affaires. En revanche, les petits restos à empañadas ou pizzas, des supermercados, les kioscos, les lavadorias, les estacionamientos, les étals de légumes, se succèdent dans chaque rue. Quelques centres culturels minuscules dont l’on ne sait parfois pas s’ils fonctionnent encore, ou quelques locaux politiques, ou encore quelques milongas ou théâtres discrètement nichés dans les étages se joignent parfois au décor.

Les restos, bars et boutiques plus clairement à destination des touristes croissent en nombre lorsque l’on se rapproche de la partie touristique de San Telmo, soit la Plaza Dorrego et les rues avoisinantes telles que Chile, Defensa, Peru et Independencia. A la Plaza Dorrego, professionnels et amateurs viennent régulièrement danser le tango tandis que chaque dimanche s’y tient la feria d’artisans venus de toute l’Amérique du Sud. La place est agréable, mais vraiment trop touristique à mon goût. Dans la rue Chile, à deux cuadras d’où j’habite, j’ai jeté mon dévolu sur un café-restaurant nommé La Poesía, sûrement en raison de son charme français ou européen… Il est d’ailleurs classé « café notable », appellation dont j’ai appris l’existence hier et qui concerne un petit nombre de restos de la ville, protégés pour leur caractère ancien et culturel. Dans la rue Independencia, une de mes colocs m’a fait découvrir une glacerie bien appréciable en ces jours de chaleur torride. J’avais cru au premier regard que c’était un resto japonais (bien que, drame personnel, il n’y en a quasiment aucun à Buenos Aires) parce qu’elle s’appelle Sumo. En fait non, rien à voir, pour ceux qui connaissent, Sumo désigne ici un groupe argentin de rock super connu, créé dans les années 80. Je vous recommande vivement d’ailleurs ! En ce qui concerne les glaces…, influence italienne oblige, elles se défendent très bien !

Plus au sud encore de San Telmo, lorsque l’on s’avance vers le Parque Lezama qui marque la coupure d’avec le quartier de la Boca, les rues respirent mieux. Les constructions sont plus basses et les édifices mieux conservés, aux façades plus nettes. Enfin encore une fois, c’est très variable. Et bien sûr, la grande caractéristique du quartier provient de sa forte concentration en boutiques d’antiquaires, vieilleries diverses que l’on trouve notamment réunies dans le marché couvert près de la Plaza Dorrego. Les poubelles éventrées, les terrains vagues et les graffitis se joignent ponctuellement au décor. Il y a un grand nombre de cartoneros ici, de gens qui font les poubelles pour récupérer ce qui est recyclable et le revendre, le carton en l’occurrence comme l’indique le nom, je crois, mais je n’en sais pas beaucoup plus pour l’instant. Je sais en revanche qu’il y a des coopératives de cartoneros et que certains sont encadrés par des ONG.

Un de mes grands plaisirs ici : me poser sur le bord surélevé de la terrasse le soir, le temps d’une dernière cigarette et regarder ma rue et ses voisines, les bus, les camions de poubelles passer, les gens qui traînent dehors, calme animation nocturne, cycle quotidien de la vie urbaine. A l’angle d’en face, repose un immeuble abandonné, la partie intérieure laissée à découvert donne l’impression d’un édifice-fantôme. Les briques anciennement rouges semblent calcinées, mais je crois que c’est simplement à cause de l’érosion, la poussière et la pollution. Quelques mauvaises herbes ont fait leur nid au sein des pierres. J’entends parfois de la musique surgir du linge étendu sur leur terrasse par les voisins de l’immeuble adjacent. En tendant le cou, je peux également apercevoir le début du centre tandis que tout autour de moi je peux voir les bâtiments se découper dans le lointain.

Bon vous l’avez compris, j’aime beaucoup mon quartier !