jeudi 24 juin 2010

Actualité Buenos Aires»SOCIÉTÉ – Buenos Aires Gay (2/2)

En quelques années, Buenos Aires s’est imposée comme une destination privilégiée de la communauté gay et la première en Amérique du Sud, avec Rio de Janeiro. Dynamisme culturel, cosmopolitisme, taux de change favorable, charme européen allié à l’exotisme latin… Buenos Aires réunit tous les atouts pour être le "spot gay" à la mode. "Tous mes amis venus en voyage ici se sont bien amusés", commente Hervé, Français de 34 installé à Buenos Aires depuis cinq ans, "en revanche, la vie de gay à Buenos Aires n’est pas si facile". La ville est-elle à la hauteur de sa réputation ? Réponse en deux volets. Aujourd’hui, les limites du Paradis rose

Plusieurs initiatives récentes jalonnent l’histoire de la Buenos Aires gay-friendly. En 2002, la ville a défrayé la chronique en devenant la première d’Amérique latine à autoriser l’union civile entre homosexuels. La chaîne d’hôtels gay cinq étoiles Axel l’a choisie comme lieu d’implantation de son second hôtel. Du port de Buenos Aires est partie en février 2006 la croisière gay Oceana Insigna à destination de Rio de Janeiro. L’Argentine a été à l’initiative du Mondial de Football gay dont le championnat, en septembre 2007, s’est tenu à Buenos Aires. La "diva" argentine Suzana Gimenez a ensuite invité sur son plateau l’équipe argentine victorieuse. La militante transsexuelle Marcela Romera a été reconnue femme de l’année 2009 par la Chambre des députés. Et puis, si on est loin encore des foules de Sao Paulo (1,5 million de personnes), la Marcha 2009 de Buenos Aires a réuni environ 50.000 personnes. Hervé constate : "Aujourd’hui, y assistent ceux qui ne voulaient pas le faire il y a quelques années encore, pour ne pas s’afficher".

Encore fort à faire
A la télévision, enfin, l’image de la folle ou du type tordu, incarnée par exemple par Diego Ramos dans la série Gospel, a cédé la place au couple de séduisants joueurs de foot s’échangeant un beso langoureux dans la série Las Bottineras diffusée il y a quelques mois sur Telefe. Il est donc plus facile d’assumer son homosexualité au jour le jour : "On voit beaucoup plus de couples gays ou lesbiens qui se tiennent par la main, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans", observe Hervé.
Au niveau public et institutionnel, pourtant, il reste encore fort à faire. José, de l’association Nexo, engagée dans la défense des droits des homosexuels, explique qu’en dépit des progrès réalisés ces dernières années, le travail d’information au quotidien sur le VIH fait défaut : "Il n’y a pas de véritable campagne de prévention du VIH, on n’en parle pas. Le taux de contamination reste donc élevé".
En outre, le vent de liberté porteño n’a guère soufflé sur les autres provinces, traditionnellement plus conservatrices. "D’ailleurs, les blagues argentines ont souvent un rapport avec l’homosexualité", remarque Hervé. L’homosexualité est de plus en plus facile à vivre dans des villes comme Mendoza (avec l’élection du rey et de la reina gay de la Vendimia, la fête annuelle du vin), mais reste stigmatisée dans le nord du pays, comme Tucumán ou Salta. José explique : "Il faut lutter contre l’auto-censure en donnant plus de visibilité à cette question", une situation qui incite Nexo à multiplier ses cellules en province.
Enfin, on aborde peu la question des lesbiennes. Au final, un ensemble de disparités que l’image de la ville vedette du "tourisme rose" dissimule parfois.

Lucie ELGOYHEN avec Hervé SEGATA (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) jeudi 24 juin 2010

Sur ce sujet, voir l'article publié hier et notre article consacré au mariage gay, le labyrinthe judiciaire.

Infos gays sur le site de Ville de Buenos Aires : www.bue.gov.ar/especiales/?id=12
Marcha del Orgullo gay : www.marchadelorgullo.org.ar
Plan de Buenos Aires Gay : www.mapabsasgay.com.ar
Association Nexo, Av Callao 339, 5ème étage, tél.: 4374-4484

http://www.lepetitjournal.com/buenos-aires/a-la-une-buenos-aires/60266-societe-buenos-aires-gay-22.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire