Hey! Bon, tant pis pour le respect de la chronologie, je suis trop à la bourre, j écrirai ce qui me chante quand je pourrai...
Là j'ai envie de parler de mon passage matinal de la frontière peru-bolivienne. Un bordel! Bon, déjà je prévois d'écrire un truc sur les complications et arnaques qui attendent le touriste à chaque coin de rue du Pérou...
De retour à Cuzco de notre périple de trois jours pour nous rendre jusqu'au Machu Picchu, on prend la direction du terminal de bus. Aux revoirs un peu difficiles avec le couple et la jeune fille qui tenaient l'auberge où on était et qui ont fait partie des péruviens les plus sympas qu'on a rencontrés.
Pour se rendre en Bolivie en venant de Cuzco, il y a à peu près deux options: prendre un bus Perúrail jusqu'à Puno, la ville péruvienne du lac titicaca la plus proche de la frontière, y arriver sur les coups de 4h du mat et attendre deux heures un autre bus jusqu'à Copacabana ou la Paz, on profite alors des bus inclinables et larges de la compagnie mais pour une nuit coupée; 2ème option, prendre un bus Littoral qui va direct à Copacabana mais avec un confort restreint.
On choisit la deuxième option. En fait, une fois au terminal et l'heure de départ approchant, on ne voit toujours pas de bus Litoral affichant Copacabana comme destination. Ah, en revanche un bus Litoral en direction de la Paz vient de se garer! Etrange! Ah bah non, on nous explique que le bus ne sera pas direct, qu'au moment de la desvía, ceux qui vont à Copacabana seront mis dans un minibus. Ne vous inquiétez pas, "no pagaran un centavo!" "Ah, gracias". Soit-disant parce que le bus de Copacabana n`était pas arrivé. Moi, je suspecte que c'était pour faire du remplissage car on était peu à aller à Copacabana...
Bref bref... Il s'avère que le bus Litoral est confortable, à part qu'il n'y a pas de toilettes (pour plus de 7h de trajet). De toute manière, j'ai fini par prendre l'habitude de dormir partout et on est toujours crevée passées les 21h... On a meme le droit à une couverture ce qui n'arrive pas souvent! On est ensuite effectivement transvasé dans un minibus vers les 6h du mat je crois.
J'essaie d'entrouvrir les yeux pour regarder un peu le paysage: l'azul incroyable du lac Titicaca au loin, les monts et montagnes sèches environnantes que le soleil levant commence à éclairer, quelques baraques, chiens et paysans matinaux, des déchets sur le bord de la route (comme d'habitude)...
A l'approche de la frontière, on apercoit une file immense de voitures, des gens sortis prendre l'air au milieu des pouces pouces, moto-taxis qui défilent à contre-sens. L'animation et l'effervescence soudaine me sortent un peu de ma léthargie.
On nous fait descendre. Au passage on perd un peu le groupe lorsqu'Annelise remet son sac de couchage dans son sac. On les retrouve dans le poste de la migration.
Et là... j'avaie envie de m'arracher la tete. Qu'ai-je fait de ce fameux petit bout de papier blanc qu'ils m'ont donné (sans rien dire bien sur) quand l'avion attérissait à Lima? Ce papier d'entrée qu'il faut absolument remettre lorsque l'on quitte le territoire sous peine d'une multa (amende)? Je le savais, mais mon sac est plein à rabord... Je cherche en pestant pendant que le groupe attend... Fausse joie, le gars me redonne le meme papier blanc que je remplis en pensant que tout était vite résolu finalement. Il m'envoie le faire tamponner à un autre poste. Je reviens, il me donne un papier vert et je dois retourner à l'autre poste. Là la femme comprend que je n'entre pas sur le territoire mais que je sors et m'exige à nouveau le papier originel... Je me remets à chercher... J'ai honte de faire attendre tout le monde...
Je renonce et vais la voir. Ok, une amende de 5 dollars c'est pas grave. Mais en fait, pour payer, on m'apprend que je dois aller au Banco de la Nación au pueblo d'á coté. Au passage, le jeune garcon responsable du minibus m'apprend que le groupe ne peut plus m'attendre et qu'ils reviendront nous prendre Annelise et moi après. Une seconde femme que je n'avais pas encore vu me fourre dans un moto-carosse-taxi en me disant qu'elle m'attendra au meme endroit à mon retour. Elle blablate avec le chauffeur et voilà que je me retrouve à dévaler dans l'autre sens la rue au milieu et sur les cotés de la file de voitures.
Le pueblito n'est pas si près que ca. Arrivée devant la banque, je constate qu'elle est toujours fermée. Il est 8h, le chauffeur me dit qu'elle ouvre à 8h30 et qu'il ne peut pas m'attendre... Bon... je me retrouve à faire la queue avec les villageois. Je m'occupe en regardant l'animation matinale de la place municipale: déambulation des petites femmes en tenue traditionnelle (grande jupes superposés, colants de laine épais, tresses et chapeux ronds) arrivant en pouce-pouce et des hommes en noir à chapeaux de feutre, installation d'une petite estrade et test du son ("hola, hola! cuantro, cinco, si hola"), passage des policiers devant la banque discutant d'un air sérieux sur leur portable moderne...La file d'attente grandit peu à peu. A 8h30 entre le personnel de la banque... J'ai beau plaquer ma figure contre la vitre pour bien montrer que des gens attendent, ils ouvrent finalement à 9h. En deux minutes, je paye, en nuevos soles, la fameuse multa ridicule qui a causé tout ce périple et je pars à la recherche d'un nouveau taxi-moto pour retourner aux migracions...
Bien sur, à mon retour, plus personne ne m'attendait bien sur à part Annelise, la pauvre, qui était restée plantée sur un parapet avec nos deux gros sacs et que je retrouve en train de lire le Lonely Planet. De toute manière, on voit qu'il y a pleins de colectivos pour rejoindre Copacabana.
Quelle organisation! Passé du coté bolivien, on tombe sur un type ultra sympa qui nous remet un papier vert, qu'attention, il ne faudra pas perdre! "Si, si, lo entendí muy bien eso!"
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