La 12ème édition du Festival international de cinéma indépendant Bafici s’est terminée le dimanche 18 avril. Durant dix jours, 422 films, dont de nombreuses avant-premières, ont été projetés dans 21 salles des différents cinémas de la ville. A cette programmation foisonnante s’ajoutaient des cycles thématiques, des rencontres avec les cinéastes et des activités spéciales telles que la 7ème édition du Buenos Aires Lab destinée à favoriser le développement du cinéma indépendant en Amérique Latine. La programmation était organisée en diverses catégories parmi lesquelles les films du Baficito, de la sélection internationale, de la sélection argentine, du ciné du futur et d’autres sections plus thématiques telles que « la Tierra Tiembla », « Derechos humanos », « Lugares » et « Música » sans oublier la projection de douze films au Pasaje Gardel. Une section était également consacrée aux courts-métrages argentins et à un grand nombre de rétrospectives et de « focos ». Cette année encore, la production française était largement présente avec près de 50 (co-)productions françaises et notamment deux rétrospectives consacrées à Jean Gabriel Périot (neuf films projetés) et à Alain Guiraudie (six films projetés).
Petit tour du Trait d’Union au Bafici
De stature internationale, le Bafici de Buenos Aires frappe pourtant par son ambiance intimiste et joyeuse. L’expansivité habituelle des argentins au cinéma y est augmentée par le plaisir d’assister à une manifestation inédite et de partager sa joie avec des cinéphiles venus du monde entier.
La force du Bafici est qu’il permet de retrouver l’essence du cinéma en proposant des films d’une qualité exceptionnelle. Libérés des contraintes qui pèsent sur les films à gros budget de l’industrie cinématographique, les films du Bafici parviennent souvent à transmettre la sensibilité particulière de leurs réalisateurs. Il serait impossible de donner une synthèse globale d’une programmation aussi foisonnante et diversifiée. Précisément, c’est peut être le sentiment de découvrir à chaque projection un film unique, un regard ou une sensibilité particulière, qui décrirait le mieux ce qui unie l’ensemble de la programmation. Des films à la beauté simple, construits à partir de petits riens, de gestes quotidiens, de silences (Lo que más quiero, La Pivellina, 36 vues du Pic Saint Louis…). Des films mêlant vieilles vidéos et actions parallèles en suscitant une circulation fertile entre fiction et réalité, présent et passé (Vincere, La Bocca del Lupo…). Des films à l’esthétique soignée et poétique (Red Dragonflies…). Des films aux images brutes et capturées sur le vif (Femmes Rock Doc, Te creis la más linda…). Des films poignants sur les maux de notre époque (Ajami, Using) dont un grand nombre de documentaires venus du monde entier.
Les films les plus attendus et recommandés par la critique ont fait salle comble à chaque projection. Le public pouvait voter à la fin de la projection des films de la sélection internationale et de la sélection argentine (top 3 : Cuchillo de Palo, Alamar et Ajami pour la première catégorie et El Ambulante, Hacerme feriante et Los Labios pour la seconde le vendredi 16 avril). De plus, le public a pu profiter de la présence des réalisateurs à la fin d’un certain nombre de projections. Nous retiendrons notamment les interventions émouvantes de Daniel Burmeister à la fin de El Ambulante lors de la projection du dimanche 11 avril et d’Enrique Piñeyro à la fin de El Rati Horror Show le 16 avril. Avec 86 films à l’affiche, la production argentine comportait en effet un grand nombre de documentaires traitant d’aspects variés de la situation actuelle du pays.
Le Bafici, cette année encore, a mérité la réputation internationale qu’il s’est taillé depuis sa création en 1999. A suivre, les résultats des compétitions internationales et le classement de la sélection française…
http://www.traitdunion.com.ar/noticiasfr.asp?titre=20365
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